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14/06/2016 11:55 EDT | Actualisé 14/06/2016 11:55 EDT

Premier contact entre Erdogan et Poutine depuis l'avion russe abattu

Huffington Post

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a adressé une lettre à son homologue russe Vladimir Poutine, premier contact connu entre les deux hommes depuis que la Turquie a abattu un bombardier russe en novembre.

Ce courrier intervient après des semaines de signaux d'apaisement d'Ankara à l'égard de Moscou, dans l'espoir de rétablir les relations entre les deux pays, pratiquement rompues depuis l'incident aérien survenu au-dessus de la frontière turco-syrienne le 24 novembre.

"Nous confirmons (...) que le président (Erdogan) a envoyé une lettre au président russe Vladimir Poutine à l'occasion du Jour de la Russie" célébré le 12 juin, a indiqué mardi à l'AFP un responsable au sein de la présidence turque.

"J'espère que nos relations atteindront le niveau qu'elles méritent", a déclaré M. Erdogan dans cette lettre qui n'a pas été rendue publique, selon la chaîne d'information turque NTV.

Le Kremlin a bien reçu le message de M. Erdogan "via les réseaux diplomatiques", a confirmé mardi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse publique Ria-Novosti.

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a également adressé une lettre à son homologue russe Dmitri Medvedev, selon le responsable turc.

La relation étroite entre MM. Poutine et Erdogan avait permis, avant la crise, de renforcer liens entre la Turquie et la Russie, notamment sur les plans énergétique et touristique, avec l'ambition d'atteindre un volume commercial bilatéral de 100 milliards de dollars en 2023.

Relation historique

Mais ces relations se sont brutalement détériorées en novembre dernier après que des F-16 turcs eurent abattu au-dessus de la frontière syrienne un bombardier russe, accusé par la Turquie d'avoir violé son espace aérien.

Le soutien apporté par Moscou au président syrien Bachar al-Assad, dont Ankara encourage activement la chute en soutenant des groupes rebelles, avait déjà tendu les liens entre la Russie et la Turquie.

Après l'incident aérien, la Russie a choisi de frapper la Turquie au portefeuille, décrétant une vague de sanctions économiques et appelant ses touristes à ne plus se rendre dans ce pays.

Les visiteurs russes représentent une manne considérable pour le secteur touristique turc, qui traverse une grave crise en raison d'une série d'attentats qui ont secoué le pays cette année.

La Turquie dépend également en grande partie des importations de pétrole et de gaz russes pour ses besoins énergétiques.

Le président turc avait, après l'incident aérien, sollicité un entretien avec M. Poutine en marge du sommet sur le climat à Paris, mais le chef de l'Etat russe le lui avait refusé.

Les autorités turques ont multiplié ces dernières semaines les amabilités à l'égard de Moscou.

"Nous avons une relation historique très longue", a déclaré mardi le ministre turc des Affaires européennes Omer Celik, soulignant qu'"il y a des liens très étroits entre les peuples turc et russe, des relations amicales".

Le week-end dernier, M. Erdogan avait dit espérer que les relations entre Ankara et Moscou "se rétabliront rapidement".

"Notre amitié avec M. Poutine a permis de porter nos relations bilatérales à un point très avancé" avant l'incident aérien, avait déclaré M. Erdogan, cité par le quotidien Hürriyet dimanche.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a récemment suggéré la formation de groupes de travail conjoints afin d'étudier des solutions de sortie de crise.

Mais le Kremlin exige avant toute chose des excuses officielles et le jugement des responsables de la mort du pilote russe. Jusqu'ici, Ankara l'a exclu.

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