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14/06/2016 18:11 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Policier et sa compagne tués : en plein Euro, la France à nouveau frappée par un acte jihadiste

Deux jours après l'assassinat d'un policier et de sa compagne par un jihadiste, le temps était mercredi au recueillement dans tous les commissariats de France mais également aux questions face à la menace terroriste à un niveau "maximal", selon les termes du chef de l'Etat.

Le président français François Hollande assistera mercredi midi à une minute de silence au ministère de l'Intérieur à la mémoire des deux victimes assassinées lundi soir à leur domicile en région parisienne par Larossi Abballa, 25 ans, qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI).

Son acte a été qualifié d'"incontestablement terroriste", par le chef de l'Etat qui a affirmé que la vigilance contre le terrorisme était "portée à son niveau maximal".

Après cette attaque et celle d'Orlando (49 morts et 53 blessés), également revendiquée par l'EI, les présidents François Hollande et Barack Obama sont convenus mardi soir lors d'un entretien téléphonique d'"augmenter encore la coopération" entre les services français et américains face à une "menace" jihadiste qui "évolue en permanence", a déclaré la présidence française.

Les deux dirigeants "ont réaffirmé leur engagement commun à détruire l'EI", a indiqué pour sa part la Maison Blanche dans un communiqué.

Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l'assaut de la police, Larossi Abballa a appelé à faire de l'Euro de football que la France accueille jusqu'au 10 juillet "un cimetière".

"On vous réserve d'autres surprises pour l'Euro, je ne vous en dis pas plus. L'Euro sera un cimetière", promet-il dans cette vidéo posté sur Facebook, depuis le domicile de ses victimes, et visionnée par l'AFP. Il y enjoint également "à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs".

Facebook a indiqué mardi qu'il "travaillait en étroite collaboration avec les autorités françaises qui enquêtent sur ce terrible crime".

- D'autres cibles -

Les enquêteurs ont saisi dans la maison des victimes "une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers)", selon le procureur de Paris François Molins.

Abballa, qui a affirmé avoir prêté allégeance à l'EI et à son chef il y a trois semaines savait que la victime était un policier, a précisé M. Molins.

Il a expliqué "avoir répondu à un communiqué" du chef du groupe jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi qui demandait de "tuer des mécréants, chez eux avec leur famille", a ajouté François Molins.

Le porte-parole officiel de l'EI, le Syrien Abou Mohammed Al-Adnani, exhorte régulièrement ses partisans à passer à l'action dans leurs pays d'origine contre les policiers et les militaires des pays de la coalition engagée dans la lutte contre cette organisation, en Syrie et en Irak.

Le 22 mai, il a appelé dans un message à commettre des assassinats pendant le mois du ramadan, qui a commencé début juin.

Abballa a tué à coups de couteau le policier Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint d'un commissariat des Yvelines devant son pavillon. Il a ensuite séquestré sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat voisin, qu'il a égorgée, et leur petit garçon de trois ans et demi, retrouvé "en état de sidération" et qui a été hospitalisé.

Ce double meurtre a été mené sept mois jour pour jour après les attentats les plus meurtriers jamais commis en France, qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

Les enquêteurs qui font face à une attaque jihadiste inédite en France, visant des cibles individuelles à leur domicile, cherchent désormais à déterminer si l'homme a pu bénéficier de complicités dans la préparation des meurtres.

L'homme, originaire de la région, avait un passé dans l'islamisme radical. Il avait notamment été condamné en 2013 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour participation à une filière jihadiste vers le Pakistan. Pendant son incarcération, il s'était "livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical", a détaillé François Molins.

Son nom était ensuite apparu cette année dans une enquête sur une filière de départ vers la Syrie.

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont été placés en garde à vue. Deux d'entre eux avaient été condamnés avec Abballa en 2013 dans l'affaire de la filière pakistanaise, dont l'un parti en janvier 2011 au Pakistan avait été arrêté trois mois plus tard et expulsé vers la France.

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