POLITIQUE
14/06/2016 07:14 EDT

Christine Moore et sa fille ont rendu le Parlement plus accessible aux familles

OTTAWA – Les députés peuvent maintenant faire appel à une Madame Doubtfire ou encore une Mary Poppins pour prendre soin de leurs tout-petits. La Chambre des communes a lancé un nouveau service de garde, en prévision d’un rapport fort attendu sur la conciliation travail-famille au Parlement.

Le Programme de garde d’enfants à court terme est offert par les Services à l’enfance Andrew Fleck. Il est disponible pour les enfants âgés de trois mois à 12 ans pendant que les députés travaillent à Ottawa. Les élus qui souhaitent utiliser le service doivent payer 14,44$ de l’heure à leurs frais.

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Christine Moore tient sa fille Daphnée à l'extérieur de la Chambre des communes, sur la colline du Parlement à Ottawa, le mardi 8 mars 2016. (Photo: Fred Chartrand/PC)

La députée du NPD Christine Moore, qui fait figure de tête d’affiche pour toutes les mères qui travaillent sur la Colline, a dit au Huffington Post Canada, lundi, qu’elle faisait l’essai de ce service depuis une semaine et qu’elle était incroyablement satisfaite.

Sa fille de neuf mois, Daphnée, est souvent à ses côtés dans les corridors du Parlement, soit dans une poussette ou dans ses bras. Il est parfois possible d’entendre les gazouillements de Daphnée aux Communes.

Mais lundi après-midi, Moore était sans bébé. L’air détendu, elle a expliqué avoir laissé Daphnée dans son bureau avec une gardienne de 13h à 17h pendant qu’elle assistait à la période de questions ou vaquait à ses occupations parlementaires – sans s’inquiéter de bébé ni en ayant les mains occupées.

« Elle prend soin de ma fille, elle joue avec elle. Je suis capable de travailler… et je peux assister à la période de questions sans stress », dit-elle avec le sourire.

"Si tu apprends un matin que tu dois rester en Chambre jusqu’à minuit, tu es dans le pétrin dans ces moments-là."
— Christine Moore, députée du NPD

Moore a insisté pour bénéficier d’un service à court terme et sur appel en raison du caractère imprévisible de ses heures de travail.

« Si tu apprends un matin que tu dois rester en Chambre jusqu’à minuit, tu es dans le pétrin dans ces moments-là », dit-elle.

« Pour moi, ce n’est pas une question de prix, je veux juste m’assurer que je n’ai pas à m’inquiéter. Si je dois payer, je vais payer. C’est un prix raisonnable pour une gardienne. Ça respecte les prix sur le marché et c’est déductible d’impôts. C’est bien. »

Avant lundi, il n’y avait pas de services qui pouvaient lui venir en aide. La garderie des Enfants de la Colline, située dans l’un des édifices parlementaires, n’a pas d’heures prolongées et n’accepte que les enfants qui ont 18 mois et plus.

Maintenant, les Communes s’occupent de lui trouver une gardienne avec un simple coup de fil. « Je n’ai pas besoin de chercher, je dis tout simplement que j’ai besoin de ces heures et c’est vraiment facile pour moi. »

Contrairement à certaines de ses anciennes collègues au NPD qui ont accouché lors de la dernière législature, Moore dit que son conjoint ne peut pas prendre congé et la rejoindre à Ottawa, parce que sa fille d’âge scolaire doit rester dans sa circonscription d’Abitibi-Témiscamingue.

Chaque semaine, Moore prend la route pendant six heures, qui n’inclut pas les pauses d’allaitement, pour se rendre à sa circonscription et revenir à Ottawa. Parfois, elle s’arrête en route pour la nuit, comme elle l’a fait dimanche à Maniwaki.

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Christine Moore prend Daphnée dans ses bras alors qu'elle vote pour le nouveau président de la Chambre des communes, le jeudi 3 décembre 2015. (Photo: Sean Kilpatrick/PC)

« J’étais la seule qui n’avait pas accès à son mari pendant de longues périodes en étant loin du Parlement, alors c’était vraiment différent. Peut-être que les gens réalisent qu’il faut offrir des services afin de s’assurer que nous pouvons continuer notre travail. Je pense que c’est pourquoi il y a une grande différence maintenant. »

« Quand on ne travaille pas avec un petit bébé, il y a des milliers de choses qu’on ne remarque pas », indique-t-elle.

Par exemple, la députée a remarqué qu’une des tables à langer dans la salle de bains des femmes est située près d’une prise électrique.

« Si vous n’avez jamais été à la cafétéria avec un bébé, vous ne remarquerez pas qu’il n’y a pas de chaises hautes ou qu’elles ne sont pas appropriées », ajoute-t-elle.

Moore tente de faire changer les choses pour les parents avec de jeunes enfants, avec l’aide de la whip de son parti, Marjolaine Boutin-Sweet, et du président de la Chambre Geoff Regan.

D’autres changements sur la Colline

Au mois de mars, de nouveaux espaces de stationnement ont été réservés pour les députées enceintes ou avec des bébés. Une nouvelle pièce familiale avec un berceau, un chauffe-biberon, une table à langer, une poubelle pour couches, une chaise haute, un fauteuil inclinable, un four à micro-ondes, un lavabo, ainsi qu’un espace de travail, a été aménagé pour les députés, leurs partenaires et leurs jeunes enfants.

D’autres améliorations pourraient être à prévoir quand le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre déposera son rapport afin de rendre le Parlement plus efficace, plus inclusif et mieux adapté aux familles.

Les députés ont discuté de l’option d’utiliser une seconde Chambre qui pourrait être utilisée pour les débats afin d’accélérer les travaux, d’implémenter le vote électronique pour réduire le nombre d’heures passées en Chambre, et de ne plus siéger le vendredi afin que les parents passent plus de temps dans leur circonscription avec leurs enfants.

« Je suis celle qui a vraiment poussé pour cela »

Moore n’est pas convaincue que le rapport du comité va changer la façon dont les Communes fonctionnent – pour le moment.

« Le mandat du comité était vraiment large, alors je pense que le rapport va cibler des avenues à explorer pour le comité », dit-elle.

Elle espère voir des actions concrètes pour les congés de maladie, les congés parentaux et les congés pour adoption, qui permet aux députés de récupérer ou de passer du temps dans leur circonscription tout en remplissant leurs obligations parlementaires, comme les votes.

Mais pour le moment, Moore est bien contente d’avoir un service de gardiennage.

« Je suis la première qui l’a essayé, parce que je suis celle qui a vraiment poussé pour cela. Mais j’imagine qu’à l’automne, bien plus de gens vont l’utiliser », dit-elle.

Ce texte initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais par Catherine Lévesque.

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