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14/06/2016 02:19 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Ouverture du procès du meurtrier présumé de deux enfants dont un réfugié

Le procès du meurtrier présumé de deux enfants, dont un petit réfugié enlevé devant le centre d'enregistrement des demandeurs d'asile de Berlin, s'est ouvert mardi devant un tribunal de Potsdam (est), sous haute sécurité, a constaté l'AFP.

L'accusé, Silvio Schulz, un agent de sécurité de 33 ans originaire de la région de Berlin, est apparu menotté, le visage dissimulé derrière un dossier et la tête cachée dans la capuche de son pull, devant ses juges alors qu'il risque une peine de prison à perpétuité pour meurtres aggravés et violences sexuelles.

Aldiana Januzi, la mère d'une des victimes, Mohamed, un petit Bosnien de 4 ans dont le corps avait été découvert le 29 octobre 2015 dans le coffre du véhicule de Silvio Schulz, était également présente au tribunal de grande instance de Potsdam, ville proche de Berlin, alors que d'importantes mesures de sécurité ont été déployées en raison de menaces de mort proférées contre l'accusé. L'affaire avait à l'époque fait grand bruit en Allemagne.

Silvio Schulz, qui a avoué les deux meurtres lors de son arrestation fin octobre, est accusé d'avoir tué un premier enfant, Elias, 6 ans, qui avait disparu le 8 juillet sur une aire de jeux en bas de son immeuble à Potsdam. Selon le Parquet, il a enlevé l'enfant afin de lui faire subir des violences sexuelles mais l'a tué en l'étranglant alors que l'enfant pleurait et criait.

Il est également accusé d'avoir ensuite enlevé le 1er octobre le petit Mohamed, qui vivait avec sa mère et deux autres enfants à Berlin où ils avaient demandé l'asile, devant le Lageso, le centre où viennent notamment s'enregistrer les réfugiés à leur arrivée à Berlin.

A l'époque, le meurtrier présumé semble avoir profité de l'invraisemblable chaos qui régnait devant les locaux du Lageso où de gigantesques files d'attente s'étaient formées avec l'arrivée de centaines de milliers de migrants en Allemagne.

Il l'avait ensuite ramené chez lui, à Niedergörsdorf, et fait subir des violences sexuelles avant de le tuer le lendemain de peur que les cris poussés par l'enfant n'attirent l'attention de ses parents qui vivaient à l'étage du dessous.

C'est grâce aux vidéos des caméras de surveillance que Silvio Schulz avait pu être repéré, quittant le Lageso avec l'enfant. La mère de l'accusé, reconnaissant son fils sur ces images largement diffusées par la police, avait prévenu la police, ce qui avait permis son arrestation.

Les enquêteurs avaient dans un premier temps cru que la mère du petit Bosnien avait inventé l'enlèvement de son fils pour éviter d'être expulsée d'Allemagne. Les demandes d'asile de ressortissants de Bosnie-Herzégovine sont en effet quasiment systématiquement rejetées.

Le verdict devrait intervenir à la fin juillet.

yap/ylf/pt