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14/06/2016 08:18 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Orlando: les enquêteurs découvrent une nouvelle facette de la personnalité du tueur

L'auteur du massacre d'Orlando avait selon de nombreux témoins fréquenté la boîte gay où il a mené une attaque meurtrière dimanche matin, un élément qui complique le portrait-robot du tueur ayant fait allégeance au groupe Etat islamique.

Omar Mateen, 29 ans, a attaqué le Pulse, boîte de nuit très en vogue, dimanche au petit matin avec un fusil semi-automatique et une arme de poing avant d'être abattu par la police.

Cette attaque, revendiquée par l'EI, a fait 49 morts et 53 blessés. Parmi ces derniers, 27 étaient toujours hospitalisés mardi, dont six dans un état critique.

Sa seconde épouse, Noor Mateen, sentait que quelque chose allait se passer et a semble-t-il tenté de le dissuader, selon plusieurs télévisions américaines.

Elle a été arrêtée, mais coopère avec les autorités et pourrait être poursuivie en justice, selon ces mêmes sources, une information que le FBI n'a pas voulu confirmer.

- Ne surtout pas réagir -

Angel Colon, un survivant de 26 ans blessé notamment aux jambes, à la hanche et à la main dans cette attaque, a livré un témoignage très fort mardi lors d'une conférence de presse à l'hôpital où il a rendu hommage au corps médical.

Après les premiers coups de feu "on a commencé à courir et malheureusement j'ai été touché trois fois par balle à la jambe, je suis donc tombé. J'ai essayé de me relever mais tout le monde avait commencé à courir dans tous les sens. On me piétinait et les os de ma jambe gauche ont été cassés".

Après quelques minutes au sol, durant lesquelles le tireur est parti dans une autre pièce, Angel Colon a eu le malheur de le voir revenir: "Il a tiré sur tous ceux qui étaient déjà morts sur le sol. Pour être sûr qu'ils soient morts".

"J'ai pu entendre les coups de fusil s'approcher et j'ai regardé et il a tiré contre la fille qui était près de moi. Et j'étais juste là, allongé. Je me suis dit: je suis le prochain, je suis mort. Alors je ne sais pas comment, par la grâce à Dieu, il a visé ma tête mais ça a touché ma main et il m'a tiré dessus encore et ça a touché ma hanche. Je ne réagissais pas. J'étais prêt à juste rester là allongé pour qu'il ne sache pas que j'étais vivant", a encore raconté le jeune homme très ému.

- Radicalisé sur internet -

Mateen, musulman pratiquant interrogé à plusieurs reprises par la police fédérale (FBI) en raison de ses liens supposés avec des jihadistes, a revendiqué son allégeance au groupe Etat islamique durant son attaque.

Les enquêteurs ont ainsi privilégié dans un premier temps cette piste d'un "loup solitaire" radicalisé sur internet et inspiré par diverses organisations terroristes, sans pour autant avoir été dirigé par celles-ci.

Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, sa première femme ne l'avait jamais entendu soutenir le terrorisme.

Son père avait en outre fait état de l'homophobie d'Omar Mateen, qui était marié et père d'un petit garçon.

Mais lundi soir plusieurs médias américains ont commencé à faire état de l'homosexualité cachée du tueur, de nombreux témoignages rapportant qu'il avait lui-même fréquenté le Pulse à plusieurs reprises.

Le quotidien Orlando Sentinel a ainsi cité plusieurs témoins qui assurent que le jeune homme était un habitué de la discothèque. Il s'y serait même fait remarquer à plusieurs reprises par son agressivité, liée à une consommation excessive d'alcool.

Parallèlement, un client régulier de Pulse a assuré au Los Angeles Times que le tueur utilisait l'application de rencontres gay Jack'd.

Autre témoignage troublant, celui d'un ancien élève de sa promotion à l'académie de police d'Indian River Community College, où il a étudié en 2006, qui a assuré au quotidien Palm Beach Post qu'Omar Mateen lui avait fait des avances.

Barack Obama se rendra jeudi à Orlando pour rendre hommage aux familles des victimes de la pire fusillade qu'aient connue les Etats-Unis.

"Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d'informations extrémistes sur internet", avait déclaré lundi M. Obama.

L'organisation EI a revendiqué lundi cette attaque sur sa radio mais il n'existe pas, à ce stade, de "preuves claires" laissant penser qu'il "était dirigé depuis l'extérieur" ou "qu'il faisait partie d'un complot plus vaste", a encore expliqué le président des Etats-Unis.

"Il a annoncé son allégeance à l'EI à la dernière minute mais il n'existe pas de preuve à ce stade qu'il ait été dirigé par eux", a-t-il insisté.

- Piste homosexuelle -

Omar Mateen avait été suivi par le FBI, qui l'avait interrogé à trois reprises, en 2013 et 2014, pour "d'éventuels liens avec des terroristes". Mais ces enquêtes avaient été classées sans suite.

L'hypothèse d'une piste homosexuelle, si elle prenait de l'ampleur, pourrait dégager le FBI de la position difficile dans laquelle il se trouve, pour avoir observé la radicalisation d'Omar Mateen sans prévenir un passage à l'acte.

Elle ne change rien, en revanche, au débat sur le contrôle des armes à feu, que cet attentat à relancé.

L'ONU a par exemple enjoint mardi les Etats-Unis à adopter des "mesures robustes de contrôle des armes pour empêcher d'autres meurtres".

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