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14/06/2016 09:32 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Obama dénonce la dangereuse rhétorique de Trump sur les musulmans

"Jusqu'où cela ira-t-il ?": le président américain Barack Obama a dénoncé mardi avec une virulence inédite les propos de Donald Trump sur les musulmans, mettant en garde contre un état d'esprit dangereux et appelant les dirigeants républicains au sursaut.

Dans la foulée de la fusillade d'Orlando, qui a fait 49 morts, le magnat de l'immobilier, candidat à la succession de M. Obama à la Maison Blanche, a notamment proposé de suspendre l'immigration en provenance de régions du monde "ayant un passé avéré de terrorisme".

Jugeant que M. Obama n'était "pas assez dur, ou pas assez intelligent", et insinuant même qu'il avait d'éventuelles sympathies pour l'idéologie islamiste, M. Trump a vivement critiqué le président pour son refus d'utiliser le terme "islam radical".

"Appeler une menace par un nom différent ne le fait pas disparaître! C'est une distraction politique!", a réagi M. Obama, très remonté, à l'issue d'une réunion avec les principaux membres de son équipe de sécurité, parmi lesquels le directeur du FBI James Comey.

"Allons-nous commencer à traiter tous les musulmans américains différemment? Allons-nous les soumettre à une surveillance particulière? Allons-nous les discriminer en raison de leur foi? Jusqu'où cela ira-t-il ?", a-t-il ajouté, sans jamais citer Donald Trump nommément.

"J'ai entendu ces suggestions durant la campagne. Les responsables républicains sont-il d'accord avec cela?", a-t-il encore dit, à moins de cinq mois de l'élection présidentielle du 8 novembre qui désignera son successeur.

- Approximations 'dangereuses' -

Loin de provoquer l'union nationale, l'attentat d'Orlando de ce week-end a creusé le fossé entre Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton, qui a reçu la semaine dernière le plein soutien de Barack Obama.

Comme il l'avait déjà fait lors des attentats de San Bernardino en décembre, M. Trump a mis l'attentat d'Orlando sur le compte du laxisme des autorités et de l'ouverture des frontières au nom de ce qu'il appelle le "politiquement correct".

A l'inverse, Hillary Clinton en a appelé à "l'esprit du 12 septembre", ce sentiment d'unité nationale ayant suivi les attentats de 2001. La candidate a taclé son adversaire, sans le nommer, en critiquant sa proposition de fermer les frontières aux musulmans ou de surveiller la communauté musulmane. Elle s'est même permise de souligner que les Etats-Unis étaient le "pays du +nous+, pas du +moi+", une allusion évidente au milliardaire new-yorkais.

"Nous voyons à quel point de genre de mentalité et de raisonnement peut être dangereux", a insisté mardi M. Obama.

"Nous voyons où cette rhétorique et ces approximations sur l'identité de ceux que nous combattons peut nous mener", évoquant "des propositions du probable candidat républicain à la présidence des Etats-Unis qui veut interdire à tous les musulmans de venir en Amérique".

"Cela donne aux musulmans américains le sentiment que leur gouvernement les trahit. Cela trahit les valeurs même de l'Amérique", a-t-il conclu.

jca/faa