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14/06/2016 03:25 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Lituanie: il voulait porter la barbe en prison, la CEDH lui donne raison

Il voulait se laisser pousser la barbe en prison mais le règlement de l'établissement pénitentiaire le lui avait interdit: un Lituanien qui avait saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a obtenu gain de cause mardi.

Les juges de la CEDH ont estimé que l'interdiction absolue qui lui était imposée de laisser pousser sa barbe en prison violait son droit au respect de la vie privée, en l'empêchant d'exprimer sa personnalité.

Cet homme, qui a purgé une peine de prison de 2006 à 2009, avait demandé aux autorités pénitentiaires l'autorisation de se laisser pousser la barbe, expliquant qu'il avait subi une radiothérapie pour traiter un cancer et que le rasage irritait sa peau.

Après un examen qui n'avait pas mis en évidence d'irritation, il s'était vu opposer un refus.

L'homme avait dans un premier temps mené son affaire jusqu'à la Cour administrative suprême de Lituanie. Celle-ci avait conclu qu'il n'existait pas de raisons sanitaire ou religieuse pouvant justifier qu'il ne se rasât pas régulièrement et que cette interdiction pouvait s'expliquer par la nécessité d'identifier rapidement les détenus.

La CEDH a jugé à l'inverse que l'interdiction imposée par l'établissement "n'était pas proportionnée à l'objectif de défense de l'ordre et de prévention de la criminalité en prison".

Les juges ont également noté que "l'interdiction ne semblait pas concerner d'autres formes de pilosité faciale, comme les moustaches ou les favoris, ce qui laisse craindre que l'interdiction s'appliquant uniquement à la barbe ait eu un caractère arbitraire".

Alors que le requérant demandait 10.000 euros de dédommagement, la Cour a cependant estimé que la reconnaissance de la violation de ses droits représentait une satisfaction suffisante au regard du dommage moral subi.

bra/yo/ros