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14/06/2016 06:59 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Libye: l'ONU va autoriser mardi les Européens à contrôler l'embargo sur les armes

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit autoriser mardi l'opération navale européenne au large de la Libye à contrôler l'embargo sur les armes imposé à ce pays afin d'aider le gouvernement d'union libyen dans sa lutte contre les jihadistes.

Le vote sur cette résolution, présentée notamment par Paris et Londres, doit intervenir à 15H00 locales (19H00 GMT), ont indiqué des diplomates.

L'ONU étendra ainsi, à la demande de l'Union européenne, l'opération navale européenne Sophia. Celle-ci avait pour but initial de lutter contre les passeurs qui incitent des milliers de migrants à tenter la traversée vers l'Europe au péril de leur vie.

Des diplomates n'excluent pas des abstentions de la part de certains des 15 membres du Conseil, notamment la Russie, l'Egypte ou le Venezuela.

"Nous pensons cependant que le Conseil va soutenir largement ce texte qui renforce l'embargo et empêchera un flot illégal d'armes d'atteindre Daech" (acronyme arabe du groupe Etat islamique), indique l'un d'eux.

La résolution autorisera pendant douze mois les bâtiments de guerre européens à "inspecter sans tarder en haute mer au large de la Libye les navires venant de Libye ou y allant" et qui sont soupçonnés de transporter des armes et des équipements militaires.

La plupart des armes entrant en Libye ne vont pas au gouvernement légitime mais à son rival ou à divers groupes armés et milices.

L'ONU estime que les six millions de Libyens détiennent 20 millions de pièces d'armement de toutes sortes.

Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi et en raison du chaos qui a suivi, l'ONU a imposé en 2011 un embargo sur les armes mais ses experts ont signalé depuis de nombreuses livraisons d'armes à des factions libyennes, venant du Soudan, d'Egypte, de Turquie ou des Emirats arabes unis.

Pour mener à bien les inspections, les Européens "sont autorisés à utiliser toutes les mesures appropriées aux circonstances", précise la résolution.

- Détruire les armements saisis -

Elle invoque le chapitre 7 de la charte de l'ONU qui prévoit l'usage de la force.

Les bâtiments de guerre de l'UE pourront notamment détourner le navire suspect de sa route vers un port afin de l'inspecter plus complètement et de détruire les armements saisis.

Avant d'intervenir, ils devront cependant "faire des efforts de bonne foi pour obtenir l'aval du pays dont le navire bat pavillon".

Cette mention est une concession à la Russie, qui avait insisté sur ce point.

Renforcer l'embargo aidera le nouveau gouvernement d'union nationale (GNA) libyen à asseoir son autorité.

D'autant qu'il est prévu des exemptions à l'embargo pour permettre à ce gouvernement d'acquérir certains armements afin de mieux lutter contre le groupe Etat islamique.

La résolution réaffirme que le gouvernement d'union "peut soumettre des demandes d'exemption" afin que son armée puisse combattre plus efficacement l'EI ou d'autres groupes affiliés à Al-Qaïda.

Ces demandes devront être "examinées rapidement" par le Comité de l'ONU chargé de gérer l'embargo.

Les forces soutenant le GNA mènent depuis un mois une offensive contre le fief de l'EI à Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ont repris en chemin d'autres localités aux jihadistes.

Le chef du GNA Fayez al-Sarraj a appelé mardi tous ses concitoyens à soutenir cette offensive.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avait expressément demandé il y a une semaine au Conseil d'adopter cette résolution afin de "faire de la Méditerranée un endroit plus sûr pour tous".

avz/bdx