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14/06/2016 06:56 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Les Libyens appelés à faire front commun contre l'EI

Le chef du fragile gouvernement d'union nationale en Libye a appelé mardi ses concitoyens à soutenir l'offensive pour reprendre Syrte au groupe Etat islamique, à laquelle refusent de participer les autorités contrôlant l'est du pays.

"Nous saluons les victoires remportées par nos fils (...) dans la bataille pour la libération de Syrte", a déclaré Fayez al-Sarraj dans une allocution télévisée.

Elles "méritent d'être l'exemple d'un projet national" autour duquel les Libyens doivent "s'unir", a ajouté le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) depuis le 30 mars.

M. Sarraj a vu sa position renforcée par les succès de l'offensive lancée le 12 mai par les différentes unités armées soutenant le GNA, qui ont repris de nombreuses positions jihadistes dont le port et l'aéroport international de Syrte.

Le Premier ministre est soutenu avec force par l'ONU, dont le Conseil de sécurité devait voter mardi une résolution autorisant l'opération navale européenne au large de la Libye à contrôler l'embargo sur les armes imposé par les Nations unies depuis 2011, selon des diplomates.

M. Sarraj réclame depuis des semaines un assouplissement de cet embargo car, à l'heure actuelle, la plupart des armes entrant en Libye ne vont pas au gouvernement légitime mais à son rival ou à divers groupes armés et milices.

L'ONU a par ailleurs décidé de prolonger le mandat de sa mission d'appui (Manul) en Libye jusqu'au 15 décembre 2016.

Ces décisions interviennent alors que les forces pro-GNA se heurtent à la résistance de l'EI dans son fief de Syrte, situé à 450 km à l'est de Tripoli.

"Nos forces ont repoussé à l'aube une nouvelle attaque de l'EI qui tentait de reprendre le contrôle du port", a déclaré à l'AFP Reda Issa, porte-parole des forces gouvernementales. "Il y a des victimes dans nos rangs", a-t-il précisé, sans donner davantage de détails.

Lundi soir, les pro-GNA avaient pris le contrôle d'un dépôt d'armes et de munitions avec un soutien aérien de l'armée.

- Où va le général Haftar? -

Pour M. Sarraj, le défi est de transformer les succès militaires des derniers jours en victoire politique. Son objectif déclaré est de faire du GNA le seul gouvernement d'une Libye unie, comme le souhaitent aussi l'ONU et la communauté internationale.

Mais il se heurte jusqu'à présent au refus des autorités basées dans l'est du pays et contrôlant la Cyrénaïque, l'une des deux grandes régions peuplées du pays, de reconnaître sa légitimité et de lui céder le pouvoir.

Ces autorités considèrent les forces pro-GNA comme des "milices hors-la-loi" et non comme l'une des composantes d'une armée nationale.

"Nous suivons de près les combats à Syrte (...) mais chaque chose en son temps", a déclaré à l'AFP le colonel Ahmad al-Mesmari, un porte-parole des forces fidèles au général Khalifa Haftar, qui revendique détenir l'autorité militaire dans l'est.

Ces forces combattent depuis deux ans des groupes islamistes - dont l'EI - présents à Benghazi, la deuxième ville du pays, située à 1.000 km à l'est de Tripoli, et dans sa région.

"La nouvelle donne n'est pas favorable à Khalifa Haftar", surtout si "les forces fidèles au GNA, son principal rival, réussissent à libérer Syrte de l'emprise de l'EI", souligne Mohamed Eljarh, expert libyen au Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient.

Les forces pro-GNA sont placées sous un commandement conjoint basé à Misrata, à 200 km à l'ouest de Tripoli. Elles sont composées de milices issues des villes de l'ouest qui s'étaient illustrées durant la révolte ayant conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

L'offensive sur Syrte est également menée par des unités venant de régions situées plus à l'est, comme les Gardes des installations pétrolières.

L'opération anti-EI a déjà fait 140 morts parmi les forces pro-GNA et plus de 500 blessés, selon des sources médicales.

Le bilan des pertes dans les rangs jihadistes n'est pas connu mais est probablement très élevé. L'EI aurait quelque 5.000 combattants en Libye, dont de nombreux étrangers venus d'autres pays africains ou du Moyen-Orient, selon des responsables américains. La grande majorité d'entre eux seraient à Syrte, la seule grande ville contrôlée dans le pays par l'EI.

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