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14/06/2016 06:49 EDT | Actualisé 14/06/2016 06:50 EDT

Le personnage de Victor Lessard passe du roman à l'écran sur Club illico

Courtoisie : Club illico

L’univers policier de l’auteur Martin Michaud passera du roman à l’écran. Club illico a annoncé, mardi, qu’une adaptation de Je me souviens, troisième livre de la série Victor Lessard, publié en 2012, sera mise en ligne sur sa plateforme à l’hiver 2017, simplement coiffée du titre Victor Lessard.

Martin Michaud a lui-même retravaillé son histoire pour la télévision, secondé de Frédéric Ouellet et Michelle Allen. Patrice Sauvé réalisera, et Pixcom produira. On parle ici d’une saga d’envergure, d’un thriller enlevant de 10 épisodes d’une heure, qu’on tournera dès la fin de l’été, sur lesquels les décideurs de Club illico fondent énormément d’espoir, et qu’ils prévoient développer et exploiter pour d’autres marchés.

Premier indice de ces visées considérables : Victor Lessard se déploiera en ultra haute définition (4k), une qualité quatre fois plus précise et puissante que le HD traditionnel. Pour mener à bien un produit audiovisuel en ultra haute définition, il faut que celui-ci soit tourné, monté, coloré, diffusé et regardé en 4k, ce qui commandera aux téléspectateurs désireux d’apprécier vraiment toutes les subtilités de Victor Lessard de détenir le téléviseur et le décodeur exigés par cette technologie.

Chez Club illico, on s’enorgueillit de s’adresser à des purs et durs de télévision, mordus de l’écoute en rafale, et de fresques policières de surcroît, et on croit que le procédé ralliera suffisamment d’adeptes pour que l’entreprise soit avantageuse, même si, pour l’instant, uniquement 6 à 10% des foyers québécois possèdent l’équipement requis. Victor Lessard sera aussi, évidemment, disponible en intégralité sitôt son dévoilement.

Patrice et Julie

Le duo d’inspecteurs formé de Victor Lessard et Jacinthe Taillon – oui, comme la médaillée olympique et journaliste sportive de Radio-Canada, un pur hasard, a juré Martin Michaud – sera incarné par deux visages fort en demande à l’heure actuelle, Patrice Robitaille et Julie LeBreton. Victor Lessard est un enquêteur renommé et talentueux, doté d’un instinct exceptionnel et à l’allure athlétique qui vient souvent avec sa profession – il porte ses Converse même en hiver -, mais aussi rebelle, allergique à l’autorité, qui cache de lourdes failles, lesquelles le rendent autant attachant qu’elles peuvent lui nuire dans son boulot. «Un héros avec un chemin d’antihéros», a illustré Patrice Sauvé. Or, notre cowboy a beau être ténébreux et traîner un passé d’alcoolique – cette tare est-elle vraiment réglée, on le découvrira -, il n’en demeure pas moins un homme sensible et amoureux de son jeune adulte de fils et de sa nouvelle copine, policière comme lui.

Sa coéquipière, Jacinthe Taillon, est terre-à-terre, pragmatique, souvent dure, mal engueulée, franche, soupe au lait, pas du tout politically correct, mais aussi très drôle, et homosexuelle. «C’est un truck», a simplement résumé Martin Michaud. Il sera intéressant d’apprivoiser Julie LeBreton dans la peau d’une telle femme, loin des rôles souvent bourgeois que la comédienne a interprétés.

La relation entre Victor et Jacinthe va au-delà de la simple camaraderie et est teintée d’un sentiment de loyauté indéfectible et de protection inconditionnelle. Quoi qu’il arrive, le lien entre eux sera plus fort que tout. On fera également la connaissance de leurs collègues, incluant un jeune blanc-bec du nom de Loïc Blouin-Dubois, un clin d’œil direct à Léo Bureau-Blouin et Gabriel Nadeau-Dubois, les porte-paroles étudiants qui ont mené la grève de 2012.

Dans Victor Lessard, notre duo Lessard-Taillon investiguera sur une sordide séquence de meurtres en série, des assassinats ritualisés s’inspirant de techniques employées à l’époque médiévale : les êtes touchés ont le cou transpercé. On trouvera d’abord le corps d’une septuagénaire, première cible, puis le suicide d’un sans-abri décédé après s’être jeté du haut d’une tour du Vieux-Montréal, ainsi que la découverte d’un portefeuille compromettant, mettra sur la trace d’un premier indice. Comme dans tout bon opus du genre, le temps pressera, l’étau se resserra rapidement sur les principaux acteurs de la joute, et les victimes se multiplieront. On dénombrera «quelques» victimes, ont signalé les créateurs de Victor Lessard sur un ton ironique.

Au gré de l’enquête, on décèlera des ramifications entre l’affaire qui occupe Victor et Jacinthe et l’assaut contre John F.Kennedy, preuve que le cas, sollicitant autant psychiatres qu’avocats, se révélera complexe.

Blue Moon 2 bientôt

Pourquoi ne pas démarrer Victor Lessard en se basant sur le premier tome proposé par Martin Michaud en librairie, Il ne faut pas parler dans l’ascenseur? Tout simplement parce que l’intrigue de Je me souviens se prêtait mieux à une transposition en images. «Dans l’ordre, c’est le roman qui nous semblait le plus intéressant pour partir», a relevé Patrice Sauvé.

Aux premiers balbutiements du projet, Martin Michaud devait inventer une fiction originale pour Pixcom, mais les discussions ont finalement mené à ressusciter Je me souviens dans ce nouveau format. Michaud a spécifié avoir dû s’ajuster aux réalités de la collaboration avec d’autres artisans et au milieu de la télévision, habitué qu’il est de passer ses heures en tête-à-tête avec son écran d’ordinateur. Ex-avocat d’affaires, Martin Michaud a abandonné le droit depuis quatre ans. Un changement de vie qui lui sourit, puisque près de 200 000 exemplaires de ses sept bouquins ont trouvé preneurs au Québec et en Europe francophone, et quelques-uns de ses polars sont en cours de traduction pour les marchés étrangers. Il a remporté six prix littéraires d’importance et des critiques ont comparé son œuvre à celle des Michael Connelly et Ian Rankin de ce monde.

La direction de Club illico a par ailleurs laissé planer, mardi, que la deuxième saison de Blue Moon, «c’est pour bientôt». Une date de lancement sera communiquée sous peu et les clients du service ne devraient pas avoir à patienter trop longtemps pour connaître la suite de l’haletant suspense de Luc Dionne. Quant à Karl & Max, le deuxième chapitre serait présentement en écriture. Le catalogue de vidéo sur demande de Vidéotron compte aujourd’hui 260 000 abonnés.

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