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14/06/2016 06:01 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Le père de Reeva Steenkamp insiste pour que Pistorius "paie pour son crime"

Le père de Reeva Steenkamp, tuée par Oscar Pistorius en 2013, a témoigné en pleurs mardi devant un tribunal de Pretoria où il a insisté pour que le champion paralympique sud-africain "paie pour son crime" commis, selon lui, après une dispute du couple.

C'est la première fois depuis le début de la procédure judiciaire en 2014 que l'un des deux parents de Reeva prend la parole devant la justice, qui doit désormais fixer la peine d'Oscar Pistorius, reconnu coupable de meurtre.

"Ca a été très difficile pour moi de lui pardonner (...). Il doit payer pour ce qu'il a fait. Il doit payer pour son crime", a insisté Barry Steenkamp, 73 ans, la voix chevrotante, et trop frêle pour se tenir debout à la barre.

Pendant ce témoignage poignant, sur le banc des accusés, Oscar Pistorius, en costume sombre, tenait sa tête dans ses mains.

Reeva, top model de 29 ans, "devait être terriblement effrayée et dans une souffrance atroce" quand elle a reçu les quatre balles de gros calibre tirées par Oscar Pistorius, la nuit de la Saint-Valentin 2013, a poursuivi Barry Steenkamp. "J'y pense en permanence."

Le drame s'est produit dans la maison ultra sécurisée d'Oscar Pistorius à Pretoria, où il a tiré à travers la porte des toilettes où était enfermée sa petite amie. Pour sa défense, il a toujours affirmé l'avoir prise pour un cambrioleur.

Mais selon Barry Steenkamp, le couple s'est disputé peu avant le drame.

Si l'ancien athlète âgé de 29 ans a été reconnu, en appel, coupable de meurtre, ni la préméditation ni l'existence d'une dispute n'a toutefois pu être établie au cours du procès.

Barry Steenkamp a avancé qu'il parlerait "sûrement à Oscar, en privé, une fois le moment venu". Et Oscar Pistorius d'approuver de la tête, en sanglots.

Devant un tribunal plein à craquer, Barry Steenkamp, ancien entraîneur de chevaux, a aussi raconté le chaos quand son épouse June l'a appelé le 14 février 2013 au petit matin.

"Je ne comprenais pas vraiment pourquoi elle était en colère, pourquoi elle hurlait. Au début, j'ai pensé qu'un de nos animaux était mort. Et elle a dit: +Viens à la maison immédiatement+. (...) Sur le chemin du retour, j'ai réalisé que Reeva avait été tuée (...). C'était comme si c'était hier", a-t-il expliqué, les mains tremblantes.

Sa mort "nous a anéantis", a-t-il confié. "J'entends (June) pleurer la nuit, je l'entends parler à Reeva."

- Inspiration -

Reconnu coupable en appel de meurtre, le sextuple médaillé d'or encourt au moins 15 ans de prison. Mais sa peine pourrait être réduite compte tenu de son handicap - il est amputé des deux jambes - et du temps qu'il a passé en prison.

Il a été emprisonné pendant un an avant d'être assigné, en octobre dernier, à résidence chez son oncle.

L'audience pour fixer sa peine - une sorte de mini-procès où les deux parties présentent des témoins et avancent leurs arguments - est programmée pour la semaine. Les débats reprendront mercredi matin, avec une personne qui "livrera un témoignage émouvant" selon l'accusation.

Avant le témoignage de Barry Steenkamp, la défense a appelé à la barre une témoin qui a dépeint un Pistorius généreux.

Ebba Gudmundsdottir, une Islandaise dont l'enfant est né avec une malformation similaire à celle du champion, a expliqué avoir sympathisé avec l'athlète devenu une "inspiration" pour son fils.

"Il nous a donné son numéro de téléphone pour qu'on l'appelle si besoin, ce que nous avons fait", a-t-elle raconté. Il a aussi remis une médaille d'or à l'enfant en lui disant: "C'est pour toi champion", a-t-elle expliqué à la barre.

L'accusation a ensuite voulu démontrer, avec le témoignage d'une infirmière de prison, qu'Oscar Pistorius avait du mal à garder son sang-froid. Charlotte Mashabane, dans un uniforme kaki bien trop grand, a affirmé que le jeune homme s'était emporté en frappant avec un cahier sur son bureau, furieux de ne pas avoir accès à des médicaments.

Avant de voir son destin basculer en 2013, Oscar Pistorius, surnommé "Blade Runner" à cause des ses jambes en lames de carbone, avait acquis le statut de star internationale en s'alignant avec les valides aux jeux Olympiques de Londres en 2012.

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