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14/06/2016 10:20 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

L'Otan s'organise pour parer les cyberattaques

Les ministres de la Défense de l'Otan ont formellement désigné mardi le cyberespace comme un nouveau théâtre d'opérations, au même titre que la mer, les airs ou la terre, ce qui implique de mieux organiser collectivement sa défense contre une attaque.

"La plupart des crises (sécuritaires) ont aujourd'hui une dimension relevant du cyberespace", a expliqué le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

"Donc faire du cyber un domaine opérationnel nous permettra de mieux protéger nos missions et opérations", a ajouté M. Stoltenberg, au premier jour d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan à Bruxelles.

Les 28 pays de l'Alliance avaient déjà décidé, lors de leur sommet au Pays de Galles en septembre 2014, de renforcer leurs réseaux informatiques et réseaux de communication militaire, constatant que "les cybermenaces et les cyberattaques continueront de se faire de plus en plus fréquentes, sophistiquées et potentiellement dommageables".

Ils avaient notamment prévu qu'une attaque de ce type puisse relever de l'article 5 du Traité de Washington, qui prévoit une réponse collective des 28 Alliés à l'agression de l'un des leurs, "car une cyberattaque peut causer beaucoup de dommages et se révéler très dangereuse", a souligné le chef de l'Otan.

L'Alliance veut protéger ses réseaux pour éviter les failles qui permettraient à des hackers d'infiltrer toute l'infrastructure technologique militaire des pays de l'Otan, dont les quartiers généraux sont interconnectés et le siège souvent visé, mais aussi renforcer ses capacités à déterminer l'origine des attaques et l'identité des assaillants, a ajouté M. Stoltenberg.

L'Otan développe par ailleurs une coopération sans précédent avec l'Union européenne pour contrer ce qu'elle désigne comme des tactiques de guerre "hybrides", à cheval sur les domaines militaire et civil, dans des secteurs aussi divers que l'énergie, les technologies, l'information ou l'utilisation de forces spéciales agissant sans insigne comme cela fut le cas pour l'annexion russe de la Crimée en 2014.

Les cyberattaques, qui ont encore gagné en intensité depuis le début de la crise ukrainienne et avec l'émergence de groupes jihadistes comme l'Etat islamique (EI), très actifs sur internet, font partie de ces "menaces hybrides".

axr/agr/mct