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14/06/2016 09:19 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

L'Asean retire ses fermes déclarations sur la mer de Chine (Malaisie)

Les pays d'Asie du sud-est (Asean) sont revenus mardi sur un communiqué, publié quelques heures plus tôt, qui exprimait "leurs graves préoccupations" vis-à-vis de la zone disputée de mer de Chine méridionale, selon la Malaisie.

Ce message, au ton inhabituellement fort, constituait un ferme signal diplomatique adressé à la Chine, qui accueillait une réunion spéciale des chefs de la diplomatie de l'Asean à Kunming (sud-ouest de la Chine).

"Nous exprimons nos graves préoccupations sur l'évolution récente et actuelle, qui a érodé la confiance, renforcé les tensions et qui est susceptible de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité en mer de Chine méridionale", indiquait le communiqué.

Le texte avait été publié après ce qui a été qualifié par l'Asean d'"échange franc avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi", soit une discorde en langage diplomatique.

Mais quelques heures plus tard, la Malaisie a fait savoir que le secrétariat de l'Asean retirait le texte.

"Nous devons retirer le communiqué des ministres des Affaires étrangères de l'Asean (...) car il y a des modifications urgentes à y apporter", a déclaré une porte-parole de la diplomatie malaisienne.

La porte-parole a assuré que le secrétariat avait d'abord donné son feu vert à la diffusion du communiqué avant de prévenir son ministère de son retrait.

De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré que le communiqué publié n'était pas officiel.

"Nous avons vérifié avec l'Asean, et le soit-disant communiqué, dont l'AFP a fait état, n'est pas un document officiel de l'Asean", a déclaré son porte-parole, Lu Kang.

- Décision juridique imminente -

Pour appuyer ses prétentions, la Chine y mène d'énormes travaux de remblaiement, construisant des îles artificielles et des pistes d'atterrissage pouvant accueillir des avions militaires.

Ces opérations sont effectuées au grand dam des pays riverains, notamment du Vietnam, des Philippines, de la Malaisie ou de Brunei, qui ont également des revendications sur la zone -- qui se chevauchent parfois.

Cette déclaration de l'Asean survenait avant une décision juridique imminente de la Cour permanente d'arbitrage de la Haye, saisie par les Philippines face à la Chine.

Mais Pékin a déjà annoncé qu'il ne reconnaîtrait pas la décision de la cour, assurant que sa position était "conforme au droit international" et "ne changera pas".

L'Asean s'est également engagé mardi à "maintenir et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, ainsi que la résolution pacifique des différends".

Cela nécessite, selon l'association, "un plein respect pour les procédures juridiques et diplomatiques, sans recours aux menaces ou utilisation de la force", souligne le communiqué.

Si les Etats-Unis, alliés des Philippines, affirment "ne pas prendre position" dans ces contentieux maritimes, ils ont cependant envoyé ces derniers mois des navires de guerre croiser à proximité d'îles contrôlées par Pékin, assurant y défendre la "liberté de navigation".

Dans un discours adressé lundi soir à ses homologues des pays de l'Asean, Wang Yi a déclaré vouloir faire en sorte "qu'aucun problème ne vienne perturber" la coopération entre la Chine et les pays de l'Asean "des amis et partenaires pour toujours".

L'Asean regroupe 10 pays: la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, l'Indonésie, les Philippines, Brunei, le Vietnam, le Laos, la Birmanie et le Cambodge.

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