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14/06/2016 02:04 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

L'Allemagne s'inquiète du manque de relève dans l'apprentissage

Les chambres de commerce allemandes ont tiré la sonnette d'alarme mardi sur l'augmentation des places vacantes d'apprentissage, pierre angulaire du modèle de formation professionnelle en Allemagne, qui ne peut pas encore compter sur les réfugiés pour assurer la relève.

La situation pour les entreprises "n'a jamais été aussi dramatique", a déclaré lors d'une conférence de presse Eric Schweitzer, président de la fédération DIHK des chambres de commerce et d'artisanat, qui gèrent le système de formation dit dual dont l'Allemagne est si fière.

Cette année, un tiers des places d'apprentissage n'a pas trouvé preneur - et même la moitié dans les régions de l'ex-RDA-, et 14.000 entreprises devraient n'avoir reçu aucune candidature, selon un sondage réalisé par la fédération.

En cause, le vieillissement démographique, qui fait que 5.000 jeunes de moins sortent de l'école d'une année sur l'autre, et la ruée des jeunes Allemands vers les études supérieures au détriment de ces formations professionnelles de trois ans, moitié en entreprise et moitié en cours. Elles concernent toute une batterie de métiers, dans l'artisanat, la mécanique et la technique, la santé et les services.

"Nous avons le plus faible chômage des jeunes d'Europe grâce à l'apprentissage", a martelé M. Schweitzer. La difficulté à trouver des apprentis aujourd'hui nourrira demain la pénurie de main d'oeuvre qualifiée, préoccupation croissante des entreprises allemandes.

"Les réfugiés ne renverseront pas cette tendance à court terme", a prévenu M. Schweitzer, pointant le délai très long entre l'arrivée de demandeurs d'asile et le moment où leur statut est clair et où leurs connaissances linguistiques et scolaires leur permettent de commencer un apprentissage.

A l'heure actuelle, le nombre de réfugiés en apprentissage en Allemagne est estimé à 10.000, et cela ne concerne que 3% des entreprises qui forment des apprentis.

L'Allemagne a vu affluer l'an dernier plus d'un million de migrants, jeunes pour beaucoup, sur lesquels les milieux économiques fondent beaucoup d'espoir pour combler à terme le vide laissé par le vieillissement de la population.

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