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14/06/2016 01:00 EDT | Actualisé 14/06/2017 01:12 EDT

Japon: motion de défiance envers le gouverneur de Tokyo, démission réclamée

Plusieurs partis japonais ont déposé mardi après-midi une motion de défiance envers le gouverneur de Tokyo, dont la démission est réclamée en raison d'aveux sur une gestion très brouillonne de fonds politiques, a-t-on appris auprès de l'une des formations concernées.

Le vote est prévu mercredi. Pour que cette motion déposée par huit partis soit approuvée, il faut qu'elle recueille les voix de trois quarts des élus présents qui doivent représenter au moins deux tiers de l'assemblée totale.

En cas d'adoption, M. Masuzoe aura 10 jours pour décider s'il dissout l'assemblée ou s'en va.

"Le gouverneur doit démissionner", ont déclaré aux médias plusieurs responsables de partis, dont le président du Parti démocrate Katsuya Okada.

Qui plus est, le Parti libéral-démocrate (droite, PLD), présidé par le Premier ministre Shinzo Abe, menace de déposer une autre motion pour censurer Yoichi Masuzoe si ce dernier ne quitte pas son poste.

Le gouverneur de 67 ans essaie depuis des semaines de justifier des dépenses dénoncées par la presse comme totalement déconnectées de ses activités politiques.

Le PLD, de loin le plus puissant parti, avait soutenu la candidature de M. Masuzoe en 2014 pour qu'il succède à l'écrivain Naoki Inose, acculé à partir à la suite d'une affaire de prêt sans intérêt consenti par une société déjà impliquée dans une affaire de financements occultes.

L'allié centriste du PLD dans la coalition au pouvoir, le Nouveau Komeito, a été un des plus prompts à lâcher M. Masuzoe. Des élus du PLD ont suivi, craignant que le scandale ait des conséquences négatives sur les élections sénatoriales à venir en juillet.

Yoichi Masuzoe a reconnu avoir indûment déclaré comme frais liés à son statut d'élu des dépenses et achats personnels, dont des séjours en famille dans des hôtels de luxe ou de coûteux repas dans des restaurants multi-étoilés.

Il a promis de rembourser les frais indus, mais assure néanmoins que tous les faits dénoncés par les médias ne sont pas répréhensibles, ce qu'a semblé confirmé un comité d'experts mandatés par l'intéressé pour éplucher ses comptes.

La mise en cause de Yoichi Masuzoe est une ombre de plus sur Tokyo qui s'apprête à accueillir les jeux Olympiques de 2020, déjà éclaboussés par plusieurs scandales.

kap/anb/pt