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14/06/2016 14:09 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Haïti: blocage politique pour le dernier jour du mandat du président provisoire

Haïti fait face à un blocage politique majeur mardi, jour où s'achève le mandat du président provisoire, sans que des élections aient pu se tenir à temps pour rétablir l'ordre constitutionnel.

Jocelerme Privert a été élu en février par le parlement pour un mandat limité à 120 jours, en conséquence à la vacance du pouvoir héritée du départ de l'ancien président Michel Martelly.

Plusieurs centaines de militants favorables à Jocelerme Privert ont manifesté mardi à Port-au-Prince pour demander son maintien au pouvoir jusqu'à la tenue de ces scrutins.

"En 5 ans, Martelly et les gens de PHTK n'ont pas fait d'élections et ils osent exiger de Privert d'en organiser en 4 mois ? Ils sont ridicules", s'énerve Johnny Calistin au sein du cortège.

Aujourd'hui en position d'opposant, le parti réclame le strict respect de la constitution.

"Le conseil des ministres va assurer dès demain la gouvernance du pays et la constitution précise qu'il a un délai de 60 à 120 jours pour organiser des élections" explique Renald Lubérice, porte-parole du PHTK. "Qui peut m'expliquer techniquement et politiquement pourquoi le premier tour des élections aurait lieu le 9 octobre et le second en janvier ? Rien ne peut l'expliquer sinon une volonté de garder M. Privert au pouvoir", dénonce-t-il.

Convoqués lundi en assemblée nationale pour trouver une issue à cette crise, les députés et sénateurs ont reporté à mardi leur débat pouvant aboutir à la prolongation du mandat du président provisoire.

Le pays est plongé dans une crise politique profonde depuis la tenue du premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre dernier.

Les résultats du vote avaient été largement contestés par l'opposition qui avait condamné un "coup d'Etat électoral" au profit de Michel Martelly.

Le candidat du parti au pouvoir PHTK (Parti haïtien Tet kale) Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix contre 25,29% pour Jude Célestin.

Face aux contestations de l'opposition et après le rapport de la commission d'évaluation électorale, concluant que le scrutin avait été émaillé de "fraudes massives", les autorités ont décidé d'annuler le vote et de reprendre à zéro l'élection présidentielle.

Pour choisir leur prochain chef d'Etat, les plus de 6 millions d'électeurs haïtiens sont donc à nouveau appelés aux urnes les 9 octobre et 8 janvier prochains.

amb/sha