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14/06/2016 06:02 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

France : le tueur répondait à un appel du chef de l'État islamique

L'homme qui a assassiné deux fonctionnaires de police français lundi, avant d'être abattu, a affirmé avoir répondu à un appel de l'émir du groupe armé État islamique (EI), qui avait invité ses partisans à « tuer des mécréants chez eux avec leur famille » trois semaines plus tôt, a révélé mardi le procureur de la République, François Molins.

Larossi Abballa a fait cette déclaration lors des négociations menées par le RAID, l'unité d'élite de la police française, alors qu'il était retranché dans la résidence de ses victimes, à Magnanville, en banlieue de Paris.

Il a alors dit avoir prêté allégeance à l'émir Abou Bakr Al-Bagdadi trois semaines plus tôt.

Un homme lié de longue date à la mouvance islamiste

L'homme de 25 ans, né en France, était sur écoute électronique depuis plusieurs mois, à la demande d'un magistrat antiterroriste, parce qu'il était soupçonné de participer à une filière envoyant des combattants en Syrie.

Ces écoutes n'avaient cependant pas permis de déceler le « moindre élément » permettant d'anticiper son geste, selon M. Molins.

Larossi Abballa avait par ailleurs été arrêté en 2011 et condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, dans le cadre du procès d'une filière d'acheminement de djihadistes vers le Pakistan.

En raison du temps passé en détention provisoire, il avait été libéré peu après avoir reçu sa sentence.

Selon le procureur Molins, Abballa avait strictement respecté les conditions de libération qui lui avaient été imposées, se présentant aux autorités encadrant sa probation jusqu'en novembre dernier, tel que requis. Le service pénitentiaire avait noté son « discours lisse » et sa « pratique toujours assidue de la religion », a dit M. Molins.

Par ailleurs, trois personnes ont été placées en garde à vue relativement à cet attentat terroriste. Il s'agit de trois hommes âgés de 27, 29 et 44 ans. Deux d'entre eux ont été arrêtés en matinée, l'autre, quelques heures plus tard. Aucun détail sur leurs liens présumés avec le tueur n'a été révélé par le procureur.

Une liste de cibles potentielles à son domicile

Larossi Abballa a assassiné à coups de couteau un commandant adjoint de police du commissariat des Mureaux lundi, entre 20 h et 21 h 20, devant son domicile. Il est ensuite entré dans sa maison, où se trouvait sa conjointe, une femme de 36 ans qui était agente administrative à Mantes-la-jolie, et leur enfant de 3 ans et demi.

Arrivé sur place après que la police eut été avisée par un voisin, le RAID, l'unité d'élite de la police française, a tenté de négocier avec lui, en vain. Les policiers ont finalement donné l'assaut après qu'Abballa eut coupé tout contact avec eux. Ils l'ont abattu sur place vers minuit.

Le corps de la femme a ensuite été découvert, tandis que le garçonnet a été retrouvé « sain et sauf, mais en état de sidération », a affirmé le procureur Molins.

Larossi Abballa a publié une vidéo de revendication de son geste à 20 h 52. Cette vidéo de 12 minutes a été envoyée à une centaine de contacts, a dit le procureur Molins. Deux tweets de revendication ont aussi été publiés sur un compte que le terroriste avait ouvert la semaine dernière. 

Il a été formellement identifié grâce à ses empeintes digitales.

Une liste de cibles potentielles, incluant des noms de personnalités publiques et des professions (rappeurs, journalistes, policiers) a été retrouvée dans la résidence des victimes par la suite.

Plus de détails à venir.