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14/06/2016 05:40 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

France/attentat: le tueur avait prêté allégeance à l'EI, liste de "cibles"

L'auteur de l'attentat commis lundi près de Paris avait prêté allégeance au chef de Etat islamique (EI) il y a trois semaines, savait que sa victime était policier et disposait d'une "liste de cibles", a annoncé mardi le procureur de Paris François Molins.

Condamné en 2013 pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad, Larossi Abballa avait depuis été placé sur écoute, mais les interceptions téléphoniques "n'avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément de préparation et un passage à l'acte violent", a admis le procureur Molins dans une déclaration à la presse.

Lundi peu après 20H00 (18H00 GMT), l'assaillant, 25 ans, a tué à coups de couteau un policier en civil, avant de se retrancher au domicile de sa victime à Magnanville (ouest de Paris) et d'être abattu lors de l'assaut des policiers d'élite du Raid.

Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de la compagne du policier, âgée de 36 ans, égorgée. Ils ont aussi retrouvé le fils du couple, trois ans et demi, "dans un état de sidération" mais indemne.

Au cours de négociations avec les policiers, "le tueur a indiqué être musulman pratiquant, faire le ramadan et il a précisé qu'il avait prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandeur des croyants de l'Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi. Il a ajouté avoir répondu à un communiqué de cet émir qui demandait, je cite, de +tuer des mécréants, chez eux avec leur famille+", a expliqué le procureur.

Larossi Abballa "a indiqué connaître la qualité de policier de la victime et menacer de tout faire sauter si les policiers investissaient les lieux", a souligné François Molins.

M. Abballa a envoyé à 20H52 (18H52 GMT) une vidéo de revendication de 12 minutes à une centaine de contacts, avec également deux tweets de revendications sur un compte ouvert début juin.

Quelques heures après l'attaque, l'agence Amaq liée au groupe jihadiste a affirmé qu'un "combattant de l'Etat islamique" (EI) avait tué le couple près de Paris.

"Une liste de cibles", mentionnant des personnalités, des rappeurs, des journalistes et des policiers a été retrouvée par les enquêteurs dans le pavillon des victimes, a-t-il ajouté.

Le tueur avait été déjà condamné en septembre 2013 à trois ans de prison pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad. L'enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun (vol, recel).

Il avait été libéré après le jugement en raison du temps passé en détention préventive. "Pendant son incarcération, il s'est livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical" et avait été remarqué pour cela par l'administration péntienciaire.

Larossi Abballa était "visé par des investigations conduites par un magistrat antiterroriste" depuis 2016 sur une filière jihadiste syrienne.

C'est dans ce cadre qu'il avait été placé sur écoutes. Ces "interceptions téléphoniques et géolocalisations" mises en places "sur plusieurs lignes téléphoniques n'avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément" sur "la préparation et un passage à l'acte violent".

L'attaque de Magnanville a été menée sept mois jour pour jour après les attentats de Paris qui ont fait 130 morts le 13 novembre, et deux jours après la tuerie d'Orlando (Etats-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay, des tueries toutes revendiquées par l'EI.

bur-hba/ib