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14/06/2016 09:25 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Sécurité, logistique, déplacements: qui fait quoi?

Qui sécurise les stades, les abords des stades, les fan zones? Qui décide de la programmation des matches? Et comment sont gérés les déplacements de supporteurs? L'énorme machine de l'Euro-2016 a nécessité un partage des tâches et une planification minutieuse pour se mettre en place.

. Qui sécurise les stades, les abords des stades, les fan zones?

A l'intérieur des stades, c'est l'organisateur de la compétition, l'UEFA et son extension en France, la SAS Euro-2016, qui sont chargés de la sécurisation. A la suite des débordements survenus à la fin du match Angleterre-Russie samedi au Vélodrome, "Euro SAS a cette fois-ci accepté que les policiers soient présents à l'intérieur du stade" lors du match classé à risque Angleterre - Pays de Galles, jeudi à Lens, a déclaré mardi la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio.

Les abords du stade hors premier périmètre sont quant à eux sécurisés par les forces de sécurité françaises, qui annoncent mobiliser au total pour l'événement notamment 25.000 policiers de la sécurité publique, 5.000 policiers de la police aux frontières, 10.000 policiers de la préfecture de police, 25.000 gendarmes, 2.500 gendarmes mobiles, ainsi que 10.000 militaires dans le cadre de l'opération Sentinelle.

Quant aux fan-zones, elles sont sécurisées par les villes où elles se trouvent. Ce sont les communes qui ont recruté les agents chargés de la sécurité, avec le concours des forces de l'ordre, nationales et municipales. Ces dernières sécurisent les abords de ces fan-zones.

. Comment sont programmés les matches?

Qui a eu l'idée d'organiser Angleterre - Russie à 21h? La question a été posée après les affrontements entre supporteurs anglais et russes à Marseille, certains soulignant que ces violences auraient peut-être été moins importantes si la rencontre, elle aussi classée à risque, avait eu lieu plus tôt dans l'après-midi.

Une source au sein de l'UEFA explique à l'AFP que cette décision a en fait été prise... Au hasard. "le calendrier est établi en avance avec des matches non identifiés, soit A1 contre A2, B1 contre B2 etc. Il y a ensuite un tirage au sort, en deux phases: d'abord une position dans le groupe, qui est attribuée par tirage pour savoir qui affronte qui. Puis il y a un tirage qui positionne les matches pour déterminer dans quelle ville et à quelle heure ils auront lieu".

"Le principe est de ne pas changer le calendrier et de le respecter au nom de l'équité sportive", ajoute cette source. Parmi les autres matches classés à risque, Turquie-Croatie au Parc des Princes a eu lieu à 15h00 dimanche, Angleterre-Pays de Galles est programmé à 15h00 jeudi à Lens - le lendemain de Russie-Slovaquie, non classé à risque et programmé à 15h00 à Lille -, et Ukraine-Pologne à 18h00, le 21 juin à Marseille.

. Comment a été décidé le barème des matches à risque?

Avant le début de la compétition, le commissaire Antoine Boutonnet, chargé de la lutte contre le hooliganisme en France, avait expliqué lors d'une conférence à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) que la liste des matches classés à risque n'avait pas été rendue publique officiellement pour ne pas nourrir d'éventuelles critiques.

La liste a toutefois été publiée par plusieurs médias, à commencer par l'Equipe et RMC. Elle a été établie en fonction de plusieurs facteurs: la taille de la délégation de supporteurs, ou encore le "passif" de tel ou tel groupe de supporteurs, puisque "chaque rencontre internationale fait l'objet d'un compte-rendu de ce qui s'est passé", selon Antoine Boutonnet.

Enfin le contexte géopolitique est entré en ligne de compte: "L'évolution de la situation entre Etats conditionne aussi un certain nombre de tensions entre supporteurs. Ce fut le cas lors de l'Euro-2012 en Pologne, où il y avait eu des rixes assez importantes impliquant la Russie", a expliqué Antoine Boutonnet. Ce dernier, qui pilote le Centre de coopération policière international (CCPI) qui est chargé de surveiller les agissements de supporteurs, a indiqué que plus de 3.000 fans jugés comme trop radicaux ont été empêchés d'entrer sur le territoire français.

Ce n'a pas été le cas du groupe de hooligans russes qui a causé les principaux troubles à Marseille après avoir réussi à déjouer la surveillance des autorités de leur pays. "Les autorités russes n'avaient pas les informations concernant ce groupe de supporteurs, ou n'étaient pas au courant de ses intentions", a estimé le chercheur Geoff Pearson, qui précise qu'elles "ont la possibilité d'empêcher des gens jugés à risque de quitter leur territoire".

. Comment est géré le flux de supporteurs?

2,5 millions de spectateurs dans les stades, 7 millions de visiteurs attendus dans les fan zones, dont 1,5 million de visiteurs étrangers... Comment sont-ils aiguillés dans les villes? "Il y a trois grands types de dispositifs d'accueil, répond à l'AFP Ronan Evain, coordinateur du programme 'FSE - Fans Embassies'. Il y a d'abord les volontaires qui ont été recrutés par la Fédération française de football, ceux qui ont été recrutés par chacune des villes hôtes, et notre réseau des 'Fans Embassies', présent dans chacune de ces villes."

"Les Fans Embassies existent depuis le début des années 1990. Ce sont des supporteurs qui y accueillent et renseignent leurs homologues à leur arrivée. Par exemple sur un match de l'équipe d'Islande, nous aurons des supporteurs islandais pour aiguiller leurs compatriotes." Cet accueil à l'avantage de faire tomber la barrière de la langue, l'usage de l'anglais n'étant pas toujours totalement maitrisé chez les supporters... Comme chez certains volontaires.

Ronan Evain pointe aussi "une disparité d'accueil d'une ville à une autre", à la fois dans le nombre de volontaires et dans leur niveau de formation à l'accueil des fans, mais assure que la collaboration avec les villes est "excellente" et que la complémentarité des dispositifs est "intéressante entre des volontaires qui connaissent leur ville et d'autres qui connaissent leurs supporteurs".

cda/agu