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14/06/2016 07:53 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: Retour au Stade de France riche en émotion pour l'Allemagne

Allemagne-Pologne jeudi, sommet du groupe C de l'Euro-2016 et match toujours lourd de symbole entre les deux pays, marquera surtout le retour de la Mannschaft au Stade de France, où elle affrontait les Bleus le funeste soir du 13 novembre dernier.

Mardi, à la conférence de presse au camp de base de l'équipe d'Allemagne à Evian, les attentats meurtriers qui s'étaient déroulés ce soir-là en plusieurs endroits de la région parisienne (130 morts), et notamment aux abords immédiats de l'enceinte sportive de Saint-Denis, étaient dans toutes les têtes.

Beaucoup dans celles des journalistes allemands qui ont multiplié les questions sur le sujet, un peu moins dans celles des joueurs, à en croire leurs réponses.

"Ce n'est pas un sujet d'inquiétude pour nous. On se sent en sécurité et on se concentre sur les aspects sportifs et sur le match", a ainsi assuré Jerome Boateng, le stoppeur du Bayern Munich.

"Nous sommes des joueurs de football, nous avons un travail à faire, d'autres personnes (les forces de l'ordre) font aussi leur travail. On ne discute pas de ça entre nous", a renchéri Shkodran Mustafi, son compère en défense centrale.

Les deux joueurs ont pourtant encore en tête la nuit que la sélection a dû passer dans les vestiaires du Stade de France, dans l'attente que la situation se décante à l'extérieur et que l'alerte soit levée.

Quinze des 25 joueurs de Jochim Löw qui s'étaient inclinés 2 à 0, sans rien savoir du drame qui se déroulait à l'extérieur, refouleront pour la première fois cette pelouse mercredi, pour l'entraînement officiel.

Mais la soirée n'a laissé aucun traumatisme, a affirmé Jens Grittner, porte-parole de la fédération allemande.

"Avant le tournoi, l'équipe a été informée par (le manageur général) Oliver Bierhoff des mesures de sécurité qu'il y aurait aussi bien à Evian que sur les stades. L'équipe n'a pas eu de questions particulières à ce sujet après cela", a-t-il souligné.

De même "il n'y a eu aucun afflux de demande pour des entretiens avec le psychologue de l'équipe en rapport avec ce match", a-t-il complété.

- Boateng a laissé sa famille à la maison -

On sait pourtant que certains joueurs ont préféré demander à leur famille de ne pas venir en France pendant la compétition pour des raisons de sécurité, à l'image de Boateng.

"Oui, j'ai décidé cela - mais pas que pour cette raison, pour différentes raisons", a-t-il relativisé mardi, expliquant avoir voulu éviter des allers et venues incessants à ses "deux filles en bas âge".

Mais les premiers jours de l'Euro, et notamment les affrontements entre Russes et Anglais à Marseille, ont aussi prouvé que le terrorisme n'était pas le seul danger menaçant l'Euro.

Un match entre voisins allemands et polonais est toujours classé à haut-risque est de ce point de vue.

"Personne ne veut voir ça dans le football ou dans n'importe quel sport. (A Marseille), ce n'était pas un beau spectacle. On espère que tout se passera bien autour du Stade", a sobrement commenté Boateng.

Mais les joueurs ont surtout voulu évacuer ce sujet anxiogène et parler surtout des retrouvailles entre deux équipes qui se sont affrontées en éliminatoires, avec une victoire de chaque côté: 2-0 pour les Polonais à Varsovie et revanche 3-1 pour la Mannschaft à Francfort.

"Ils ont de bons joueurs offensifs, et pas que Lewandowski", a insisté Boateng, qui connaît très bien l'avant-centre des rouge et blanc, comme adversaire quand il était à Dortmund, puis coéquipiers au Bayern.

Et le match aura évidemment une saveur toujours aussi particulière pour Lukas Podolski. Né là-bas, et avec une bonne partie de sa famille qui y vit encore, il n'a pas caché son soutien à la Pologne. "J'espère qu'ils se qualifieront. Mais comme deuxième", a-t-il tout de même précisé.

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