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14/06/2016 05:38 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016/France - Giroud: faire oublier Benzema, faire penser à Trezeguet

Olivier Giroud, buteur en ouverture de l'Euro-2016 contre la Roumanie (2-1), a renforcé sa légitimité d'avant-centre numéro un de l'équipe de France en l'absence de Karim Benzema et se prend même à rêver d'"un destin à la Trezeguet".

Alors que Didier Deschamps pourrait être tenté de modifier son onze de départ contre l'Albanie, mercredi à Marseille (21H00), notamment dans le secteur offensif, la présence de Giroud d'entrée de jeu pour ce deuxième match des Bleus ne fait guère de doute.

Il faut dire que l'attaquant de 29 ans est en grande forme. Grand bénéficiaire de la non-sélection de Benzema, mis en examen dans l'affaire du chantage à la sex-tape contre Mathieu Valbuena, le joueur d'Arsenal assume son nouveau statut et enchaîne les buts avec l'équipe nationale: huit sur ses six dernières titularisations.

Le dernier d'entre eux, de loin le plus important contre les Roumains, Giroud est allé le chercher en altitude, au dessus des gants de Tatarusanu, en faisant acte d'un gros engagement physique à la limite du coup de sifflet. Comme un symbole de sa détermination actuelle.

- "Meilleur dans l'adversité" -

"Pour un attaquant, c'est toujours bien de scorer. Je n'avais pas eu l'opportunité de le faire sur les occasions précédentes. C'est un gros ouf de soulagement. Je savais que j'étais attendu, comme l'équipe", reconnait-il.

Son probant début de tournoi a de quoi alimenter la confiance, inhérente à la réussite d'un buteur et range dans la case "mauvais souvenirs" les sifflets qui l'avaient accueilli fraîchement à Nantes lors du premier match préparatoire contre le Cameroun (3-2). Des sifflets qu'il avait vite éteints ce soir-là en ouvrant une nouvelle fois le score et qui n'ont plus eu d'écho depuis.

"Je suis meilleur dans l'adversité", expliquait-il à ce propos. "Je ne veux pas me battre contre les médisants mais je me sens bien dans ce système et j'ai acquis beaucoup de confiance en équipe de France. Je prends beaucoup de plaisir et j'essaie de tout donner."

Rétrospectivement, depuis qu'il est international (50 sélections), Giroud a toujours été animé par cette envie. Et s'il lui est arrivé de passer à côté de certains matches, il a rapidement réagi lors des suivants.

Giroud, qui a longtemps revendiqué une place de titulaire, quand bien même Benzema était incontournable, prend à bras le corps cette responsabilité qui est à présent la sienne et s'en voit récompensé par les chiffres.

- "Toujours mieux faire" -

Avec 17 buts marqués, sur 18 au total en bleu, il est le meilleur réalisateur de l'ère Deschamps. Quant à sa moyenne, elle est de 0,36 but par match, contre 0,33 pour le Madrilène, auteur de 27 buts en 81 sélections.

"+Olive+ sait la confiance que j'ai en lui, ce que j'attends de lui. Il a le caractère et la personnalité pour y arriver. Et puis on peut dire ce qu'on veut, il marque des buts", le défendait récemment le sélectionneur.

Giroud, évidemment, espère bien continuer à ce rythme, surtout durant cet Euro où les buts marqués ont une importance incomparable aux autres.

"La construction de la route vers la réussite n'est jamais terminée", a-t-il lâché lundi. "J'aime bien la sortir, celle-là, elle vient de mon frère. C'est vrai dans la vie de tous les jours, dans notre métier. Il faut toujours se remettre en question dans le football. On n'est jamais arrivé. Il faut toujours mieux faire."

Réaliste, Giroud sait qu'il lui faudra en faire toujours plus pour asseoir sa position et, qui sait, connaître un glorieux destin avec les Bleus. "Un destin à la David Trezeguet qui marque le but en or contre l'Italie en 2000. C'est pas mal ça. Ça m'irait bien pour tout dire", a-t-il ainsi confié au Figaro.

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