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14/06/2016 01:05 EDT | Actualisé 14/06/2017 01:12 EDT

Brexit: la justice européenne donne raison à Londres sur les allocations aux migrants

La justice européenne a donné raison mardi au Royaume-Uni sur l'un des sujets les plus sensibles de la campagne référendaire sur l'appartenance du pays à l'Union européenne, en lui accordant le droit de limiter les aides sociales aux enfants de migrants européens.

"Le Royaume-Uni peut exiger que les bénéficiaires des allocations familiales et du crédit d'impôt pour enfant disposent d'un droit de séjour dans cet État", a indiqué la Cour de justice de l'UE dans un communiqué, en rejettant un recours de la Commission européenne, à dix jour du référendum crucial sur le maintien ou la sortie ("Brexit") de ce pays de l'UE.

"Bien que cette condition soit considérée comme une discrimination indirecte, elle est justifiée par la nécessité de protéger les finances de l'État membre d'accueil", a justifié la Cour.

La Commission européenne avait demandé en 2014 à la Cour de Luxembourg de condamner Londres pour les conditions imposées aux ressortissants de l'UE établis au Royaume-Uni avant de leur verser des allocations familiales et leur accorder le crédit d'impôt pour les enfants.

Dans le système actuel, les autorités britanniques vérifient d'abord si la personne réside bien légalement dans le pays avant de lui ouvrir le droit à ces allocations, ce qui est "discriminatoire" aux yeux de l'exécutif bruxellois, qui estime qu'il suffit d'y résider de manière habituelle pour pouvoir en bénéficier.

"À cet égard, la Cour rappelle que le critère de la résidence habituelle, au sens du règlement, n'est pas une condition nécessaire pour pouvoir bénéficier de prestations", a répondu la Cour de justice dans son arrêt.

"Dans ce cadre, la Cour relève que rien ne s'oppose à ce que l'octroi de prestations sociales à des citoyens de l'Union économiquement non actifs soit subordonné à l'exigence que ceux-ci remplissent les conditions pour disposer d'un droit de séjour légal dans l'État membre d'accueil", souligne l'arrêt.

Les aides sociales aux migrants d'origine européenne installés au Royaume-Uni est l'un des sujets clés --qui nourrit les arguments des pro-Brexit-- dans la campagne pour le référendum prévu le 23 juin.

L'approche restrictive de la Grande-Bretagne en la matière a d'ailleurs reçu l'aval des 27 autres Etats membres de l'UE dans l'accord négocié en février dernier avec son Premier ministre conservateur David Cameron pour qu'il fasse campagne en faveur du maintien dans l'Union.

Cet accord va d'ailleurs bien plus loin, en autorisant Londres à actionner un "frein d'urgence" permettant de couper dans les aides sociales aux non-Britanniques en cas "d'afflux de travailleurs d'autres Etats membres d'une magnitude exceptionnelle", avec l'aval de Bruxelles et des autres pays de l'Union.

Le compromis arraché par M. Cameron, sous l'immense pression de ses concitoyens et du parti conservateur contre la hausse de l'immigration, a cependant été accueilli très fraîchement par plusieurs pays d'Europe de l'Est et centrale (Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovaquie et Roumanie) --dont les ressortissants sont nombreux à venir travailler au Royaume-Uni--, Varsovie dénonçant une "pingrerie britannique" vis-à-vis des enfants de migrants restés dans leur pays d'origine.

axr-agr/ros