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14/06/2016 14:08 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Brésil : le président de l'Assemblée doit être destitué (commission d'éthique)

La commission d'éthique du Parlement brésilien a recommandé mardi la destitution du très controversé président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, stratège de l'actuelle suspension du pouvoir de Dilma Rousseff.

Les députés de la commission ont approuvé par 11 voix contre 9 le texte recommandant la destitution de M. Cunha pour avoir "menti" à la commission parlementaire d'enquête sur le scandale de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras.

M. Cunha a usé d'incessants artifices pour freiner cette procédure et il ne s'attendait pas à cette décision, souligne la presse mardi soir. Elle intervient une semaine après la demande d'incarcération de M. Cunha faite par le procureur de la République, Rodrigo Janot, auprès du Tribunal suprême fédéral (STF) dans le cadre de l'enquête sur Petrobras.

Le rapport approuvé par la commission d'éthique devra être voté en séance plénière de la Chambre des députés, probablement la semaine prochaine, et obtenir la majorité absolue des votes (257 des 512 députés) pour être validé.

M. Cunha avait été suspendu de ses fonctions le 5 mai par la Cour suprême pour entrave aux enquêtes sur Petrobras.

Membre du grand parti centriste PMDB du président par intérim Michel Temer, M. Cunha est en instance de jugement devant le STF pour avoir dissimulé sur des comptes en Suisse au moins cinq millions de dollars qui proviendraient de fonds détournés du groupe pétrolier étatique Petrobras.

Il est visé par d'autres procédures devant le STF, pour d'autres soupçons de corruption liés au scandale Petrobras qui éclabousse une grande partie de l'élite politique, de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva au chef de l'opposition Aecio Neves.

Pendant de longs mois, Eduardo Cunha a eu tout le loisir de tirer les ficelles de la procédure de destitution de Mme Rousseff, pour maquillage des comptes publics, qu'il a menée au pas de charge jusqu'à son approbation par une écrasante majorité de députés le 17 avril.

Adulé par les secteurs les plus conservateurs du Parlement, honni par la gauche et une écrasante majorité de Brésiliens, il avait été ce jour-là copieusement insulté à la tribune par les députés de gauche : "Canaille!", "Voyou!", "Gangster!", "Putschiste!".

Le 12 mai, Mme Rousseff a été écartée provisoirement du pouvoir dans l'attente du jugement final de sa procédure par le Sénat et remplacée par son vice-président Michel Temer.

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