NOUVELLES
14/06/2016 05:13 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Bahreïn: suspension du principal groupe de l'opposition chiite

Les activités du principal groupe de l'opposition chiite à Bahreïn ont été suspendues mardi après qu'il eut été accusé de violer la loi dans ce pays du Golfe, secoué par des troubles récurrents depuis 2011.

Al-Wefaq anime un mouvement de protestation de la majorité chiite contre le pouvoir sunnite à Bahreïn et demande l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle.

Son chef, cheikh Ali Salmane, purge actuellement une lourde peine de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance et à la haine confessionnelle.

Selon l'agence officielle BNA, le tribunal administratif du pays a ordonné la suspension des activités du groupe à la suite d'un recours du ministère de la Justice qui a demandé la "dissolution" d'Al-Wefaq.

Le ministère accuse le groupe de ne pas respecter la loi et de "favoriser le terrorisme et l'extrémisme" ainsi que les ingérences étrangères dans les affaires internes du pays, a ajouté l'agence.

Le tribunal a également ordonné la fermeture des locaux d'Al-Wefaq et le gel de ses fonds, selon la même source.

Il a fixé sa prochaine audience au 6 octobre pour se prononcer sur la demande de dissolution, selon une source judiciaire.

Cheikh Ali Salmane, détenu depuis décembre 2014, a été condamné en juin 2015 à quatre ans de prison, et sa peine a été alourdie en mai dernier en appel à neuf ans de réclusion.

Les autorités avaient déjà suspendu pendant trois mois fin octobre 2014 les activités du groupe à la demande du ministère de la Justice.

Lors de cette première suspension, Al-Wefaq avait été accusé de violer la loi sur les associations en tenant des assemblées générales sans quorum ou pour manque de transparence comme l'exige la réglementation.

Les partis politique étant interdits à Bahreïn, Al-Wefaq a un statut d'association. Et les associations dépendent du ministère de la Justice.

Bahreïn est secoué par des troubles depuis la répression en 2011 du mouvement de contestation animé par la majorité chiite dans le petit royaume du Golfe qui continue de connaître des manifestations périodiques dans les villages chiites marquées parfois par des violences.

Par ailleurs, la justice bahreïnie a décidé de maintenir en détention pendant dix jours l'opposant chiite et militant Nabil Rajab qui avait été arrêté lundi, a indiqué son avocat Mohammed al-Jishi.

"Nabil Rajab a été placé en détention pendant dix jours pour interrogatoire sous l'accusation d'avoir publié de fausses informations de nature à porter atteinte au prestige de l'Etat", a écrit Me Jishi sur Twitter.

M. Rajab, 51 ans, avait été libéré en juillet 2015 après avoir bénéficié d'une grâce royale pour "raisons de santé".

Il purgeait une peine de six mois de prison pour "atteinte aux institutions de l'Etat", à la suite de plaintes des ministères de l'Intérieur et de la Défense qui l'accusaient d'avoir "mis en doute la compétence de leurs employés".

Le département d'Etat a fait part de sa "profonde inquiétude" pour la nouvelle arrestation de M. Rajab, précisant que le sujet avait été "soulevé auprès du gouvernement bahreïni".

Washington, dont la Ve flotte est basée à Bahreïn, a des relations compliquées avec Manama et garde un oeil sur le dossier ultrasensible des droits de l'Homme.

bur/tm/mh/vl