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14/06/2016 06:11 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Attaque jihadiste en plein Euro: un policier et sa compagne tués, l'EI revendique

La France a été la cible d'une nouvelle attaque jihadiste, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), avec l'assassinat d'un policier et de sa compagne par un jeune radicalisé qui voulait faire de l'Euro-2016 de football "un cimetière".

Ce Français de 25 ans, Larossi Abballa, a poignardé un policier en civil devant son domicile à Magnaville, à l'ouest de Paris, lundi vers 19H00 GMT avant de se retrancher à l'intérieur du pavillon.

Il a été abattu dans l'assaut de policiers d'élite après avoir égorgé la compagne de sa victime. Leur petit garçon de trois ans, qui se trouvait dans la maison, est "sain et sauf mais en état de sidération", a déclaré le procureur de Paris, François Molins.

Il s'agit de la première attaque revendiquée par l'EI depuis les attentats de novembre à Paris (130 morts) et deux jours après le carnage dans un club gay d'Orlando (49 morts) également revendiqué par l'organisation jihadiste.

"Un cap dans l'horreur a été franchi", a commenté le Premier ministre Manuels Valls, en exprimant sa compassion pour le fils des victimes.

Avant d'être abattu, l'assaillant a déclaré aux policiers qu'il avait prêté allégeance à l'EI trois semaines plus tôt et qu'il connaissait la qualité de policier de sa victime, a précisé le procureur Molins.

Il a ensuite coupé les contacts après avoir menacé de faire sauter la maison.

Outre deux tweets de revendications, il a posté sur Facebook, depuis le domicile de ses victimes, une vidéo de revendication de 12 minutes.

"Nous allons faire de l'Euro un cimetière", menace-t-il dans cette vidéo, selon le journaliste français spécialiste du jihad David Thomson qui a pu la visionner avant son retrait.

Après leur intervention, les policiers ont retrouvé dans le pavillon "une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers) ou des personnalités publiques", selon François Molins.

- 'Soif de sang' -

L'assassin, Larossi Abballa, originaire de la ville populaire de Mantes-la-Jolie à l'ouest de Paris, gravitait depuis des années dans la mouvance islamiste radicale.

En 2011, il avait été arrêté pour participation à une filière qui souhaitait envoyer de jeunes volontaires pour le jihad armé au Pakistan. "J'ai soif de sang. Allah m'en est témoin", avait-il déclaré peu avant à un proche sur un téléphone placé sur écoutes.

Condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis dans cette affaire, il avait été immédiatement remis en liberté, ayant effectué sa peine en détention provisoire.

Pendant son incarcération, il s'était fait remarquer pour son prosélytisme. Depuis le début de l'année 2016, il était visé dans une nouvelle enquête sur une filière jihadiste syrienne.

Dans ce cadre, des "interceptions téléphoniques et géolocalisations" avaient été mises en place "sur plusieurs lignes téléphoniques", a précisé le procureur Molins. Mais elles "n'avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément" sur "la préparation et un passage à l'acte violent", a-t-il souligné.

L'opposition de droite et d'extrême droite s'est immédiatement saisie du passé du tueur pour demander des comptes au gouvernement socialiste. L'ancien président Nicolas Sarkozy a réclamé à l'exécutif d'adapter "sans délai le niveau de vigilance". Un de ses proches a réclamé la mise en place de "centres de rétention" pour les personnes radicalisées.

Il faut "refuser toute tentation de recourir aux aventures extrajudiciaires", a rétorqué Manuel Valls, assurant que des mesures avaient été prises pour la protection des policiers.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a rencontré mardi les collègues "traumatisés" des victimes, Jean-Baptiste Salvaing, un commandant de police de 42 ans et sa compagne, Jessica Schneider, une secrétaire administrative dans un commissariat, âgée de 36 ans.

Il leur a promis de "mettre hors d'état de nuire d'éventuels complices". Trois personnes présumées liées avec Abballa ont été arrêtées mardi, selon une source policière.

Sept policiers ont perdu la vie ces quatre dernières années dans des attaques islamistes en France, mais c'est la première fois que l'un d'eux est frappé à son domicile, avec un membre de sa famille.

L'attaque a été fermement condamnée par l'instance représentative des musulmans de France, ainsi que par l'Allemagne et les Etats-Unis, où l'attentat d'Orlando a également été commis par un individu isolé, selon le mode opératoire du "loup solitaire".

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