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14/06/2016 06:11 EDT | Actualisé 14/06/2016 06:12 EDT

Le AR-15, une arme répandue aux États-Unis et au Canada (VIDÉO)

Le tueur d'Orlando s'est servi d'une arme semi-automatique AR-15, très répandue aux États-Unis et qui a aussi servi dans d'autres tueries, dont celle de San Bernardino, en Californie. Au Canada, ce fusil léger gagne aussi en popularité, mais fait l'objet de nombreuses restrictions que certains voudraient lever.

Un texte de Michel Marsolais

Amateur de tir, Claude Colgan possède un AR-15, une arme semi-automatique utilisée dans plusieurs fusillades mortelles chez nos voisins du Sud.

« Je fais du tir à la cible. Si cette arme-là était dans une autre classification comme non restreinte, je m'en servirais pour la chasse au petit gibier », explique-t-il.

Le AR-15 est utilisé par les policiers et par les militaires, mais il gagne en popularité chez les amateurs de tir en raison de sa maniabilité et de sa légèreté. Cette arme peut s'ajuster au gabarit du tireur et son prix est relativement bas, puisque de nombreux manufacturiers en produisent.

« Ce n'est pas une arme d'assaut. Une arme d'assaut a un sélecteur avec trois positions. Celle-là en a deux : safe - on ne peut pas tirer avec - et le mode semi-automatique », explique Claude Colgan.

Les AR-15 ne tirent donc qu'une balle à la fois et ne peuvent vider leur chargeur d'une simple pression de la détente. Au Canada, on ne peut avoir qu'un chargeur avec un maximum de cinq balles.

Pour Claude Colgan, dont la soeur fut une des victimes de la tuerie de Polytechnique, le AR-15 n'est pas plus dangereux que d'autres fusils de chasse semi-automatiques non restreints. Mais il admet que l'allure militaire du AR-15 lui vaut une mauvaise réputation.

Plus de 3,7 millions en circulation

Aux États-Unis, il y aurait plus de 3,7 millions de AR-15 en circulation. Et les chargeurs peuvent contenir au moins 30 balles. Les contrôles varient selon les États, mais restent minimes.

En Floride, à 18 ans, on ne peut pas acheter d'alcool, mais on peut acheter un AR-15 sans problème.

« C'est la plus vendue. C'est l'espèce de Harley-Davidson des armes aux États-Unis. Les gens peuvent les modifier de la façon qu'ils veulent très, très facilement », souligne Francis Langlois, de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM).

Au Canada, le AR-15 est une arme à autorisation restreinte depuis 1995. En avoir un nécessite trois formations, beaucoup de paperasse, et le moindre faux pas peut vous conduire en prison.

Guy Morin, formateur en maniement d'armes à autorisation restreinte, note que le fait de modifier le chargeur d'un AR-15 peut vous valoir une peine allant jusqu'à 15 ans.

« Il y a beaucoup de restrictions au niveau de l'entreposage, de l'utilisation et du transport. C'est une arme qui sert beaucoup dans les compétitions parce qu'on peut juste s'en servir au niveau des champs de tir. Et depuis deux ans, il y a une recrudescence au niveau de ces armes-là. On donne beaucoup de formations », dit-il.

«C'est la grande différence qu'il y a entre le Canada et les États-Unis. Au Canada, on a de grandes restrictions, on a des lois qui sont là et qui sont très restrictives.» - Guy Morin, formateur en maniement d'armes

Au Québec, environ 50 000 personnes ont un permis pour des armes à autorisation restreinte. Ce sont le plus souvent des armes de poing ou des AR-15.

Une pétition lancée en Colombie-Britannique réclame la levée des restrictions sur le AR-15 pour en faire une arme de chasse comme une autre. Une proposition qui ne rallie pas tous les amateurs d'armes.

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