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14/06/2016 10:26 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Affaire Puerto : la justice espagnole autorise de nouvelles analyses

La cour d'appel de Madrid a ordonné mardi la remise aux autorités sportives, dont l'Agence mondiale antidopage (AMA), de plus de 200 poches de sang saisies dans l'affaire Puerto, le scandale de dopage sanguin en 2006 qui a surtout éclaboussé des cyclistes.

Cette décision permettrait de démasquer de nombreux athlètes dans d'autres sports, notamment des joueurs de tennis et de soccer, ainsi que des boxeurs.

La cour d'appel de Madrid entend, par sa décision, ainsi éviter « le danger que d'autres sportifs puissent être tentés de se doper ». L'autotransfusion vise à augmenter la quantité de globules rouges dans le sang et ainsi l'endurance et la performance.

Les poches de sang et de plasma avaient été saisies en 2006 chez le Dr Eufemiano Fuentes. Six cyclistes avaient déjà été mis en cause dans l'affaire Puerto, dont le vainqueur du Tour de France 1997, l'Allemand Jan Ullrich.

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Brian Cookson, a déclaré dans un communiqué que les instances sportives allaient « définir les options légales disponibles en ce qui concerne l'analyse des poches de sang et de plasma et, le cas échéant, la poursuite de violations du règlement antidopage ».

Le directeur de l'AMA, David Howman, est de son côté « consterné que la décision ait pris si longtemps ».

« S'il est regrettable que nous ayons dû attendre si longtemps, le message finalement envoyé est clair », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L'ancien cycliste Jesus Manzano, qui avait révélé le réseau de dopage, avait affirmé avoir vu des joueurs de soccer connus se faire traiter par Fuentes.

Mais les éventuels cas de dopage qui seraient détectés seront vraisemblablement prescrits. Les poches de sang ont été saisies en 2006, et le délai de prescription de l'AMA est de huit ans.

Un scandale qui a nui à l'Espagne

Figure centrale de l'affaire, le Dr Fuentes a été acquitté, alors qu'en première instance il avait été condamné à un an de prison pour ces transfusions à des cyclistes.

La juge, qui l'avait condamné en 2006 à un an de prison pour « délit contre la santé publique » en l'absence de loi antidopage en Espagne à l'époque, avait en même temps ordonné la destruction des poches de sang par respect pour la vie privée des sportifs.

La décision avait provoqué un tollé international. L'AMA, la Fédération royale espagnole de cyclisme, l'UCI et le Comité olympique national italien avaient fait appel, réclamant des sanctions plus lourdes et l'analyse des poches.

L'affaire Puerto et la décision de détruire les poches avaient causé un tort considérable à l'Espagne, accusée de vouloir enterrer l'affaire, et avaient contribué à l'échec de sa candidature pour accueillir les Jeux olympiques de 2020.

« Il est malheureux que la preuve utilisée dans cette procédure ne soit pas désormais disponible pour les organisations antidopage afin de poursuivre la lutte contre le dopage », avait alors dit le Comité international olympique (CIO).

L'Agence espagnole antidopage (AEPSAD), créée depuis cette affaire, a exprimé sa « satisfaction de la décision » de la cour et a annoncé étudier quelles mesures elle pourrait prendre dans le cadre de ses compétences.

En mars 2016, l'AMA a décidé que l'Espagne n'était pas conforme à son code antidopage. Depuis, l'AEPSAD ne peut plus mener ses propres tests.