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13/06/2016 03:53 EDT | Actualisé 13/06/2016 04:00 EDT

FrancoFolies 2016: «La tête haute» de Jonathan Painchaud, ou l'art de se renouveler (ENTREVUE)

Courtoisie : Let Artists Be

Jonathan Painchaud lançait en avril La tête haute, son cinquième album solo. Si on ajoute cette nouvelle collection aux deux proposées précédemment avec son ancien groupe, Okoumé, et le disque Au nom du père, conçu en duo avec son frère Éloi, on frôle la centaine de chansons écrites et composées par l’artiste pop-folk.

Un tel cap franchi, les années de carrière s’accumulant sans qu’on ne les voie passer, la remise en question s’avère-t-elle inévitable? La crainte de se répéter est-elle tangible?

«Certain, reconnaît sans hésitation Jonathan Painchaud. Je sais que, pour les gens qui me suivent, j’ai un certain format à respecter, mais je suis quand même un des rares qui ont la chance d’être assez libres dans ce qu’ils font. Mais je dois quand même jouer avec les paramètres de la radio, tenter de répondre aux attentes des gens qui m’ont toujours suivi, et proposer quelque chose qui est une suite logique de ce que j’ai fait avant. Il y a donc beaucoup d’affaires à prendre en compte avant même de s’asseoir et de taper un mot à l’écran ou de gratter un accord sur ma guitare.

Sérieusement, oui, c’a été un peu un frein au départ du projet. C’est de plus en plus dur de renouveler la recette sans se répéter. Mais un coup que j’en ai trouvé une qui est à la hauteur de ce que je veux, les autres déboulent. Parfois, il faut en écrire deux ou trois qu’on sait qu’on va jeter avant. C’est un bon exercice, je dirais.»

Mais l’auteur-compositeur-interprète a toujours la flamme. À plus forte raison que les échos sont encore positifs; sa Belle infirmière, le premier extrait de La tête haute, se balade joyeusement dans les palmarès depuis deux mois. Et ses propres goûts musicaux sont si variés que sa bibliothèque iTunes déborde, ce qui pourrait un jour l’amener à explorer d’autres styles.

«Mais je ne suis pas niaiseux, et je sais qu’en quelque part, Jonathan Painchaud, ce n’est pas juste ma petite personne, détaille le principal intéressé. C’est un brand, une marque. J’essaie donc d’amener les affaires sous une autre aile, qui m’offre quand même la latitude pour que je sois à l’aise, mais pas assez large pour perdre du monde.»

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Profiter du bonheur

La tête haute émerge au terme d’une longue période «d’éléments pertubateurs» pour Jonathan Painchaud. Dans le passé, l’homme a perdu son père et sa mère en pleine production d’albums, après s’être séparé peu avant de la mère de sa petite fille, et avoir connu des désaccords avec d’anciens partenaires professionnels. Or, le ton de cette nouvelle offrande est résolument positif, preuve que le passage à la quarantaine se trame en douceur pour lui.

«Il y a eu toutes sortes de casse-têtes, mais là, non, décrète Jonathan Painchaud en échappant un petit rire. Ça va bien, j’ai une super belle relation avec ma fille, une belle blonde que j’aime… On arrive dans «la vie est un long fleuve tranquille». Et c’est OK! Il y a moins de sentiment d’urgence. Et c’a été un peu weird de refléter ça dans mes textes. Je pense qu’on a réussi à trouver un compromis qui est cool, une façon de faire, un son qui va avec ça. Quand le bonheur est là, il faut en profiter.»

Jonathan Painchaud sera en spectacle extérieur ce soir, lundi 13 juin, à 20h, sur la Scène Ford des FrancoFolies de Montréal. Consultez son site web ici.

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