NOUVELLES
12/06/2016 11:06 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Violence et homophobie, cocktail du tueur d'Orlando

L'Américain d'origine afghane à l'origine de la plus sanglante fusillade de l'histoire des Etats-Unis, révulsé à la vue d'homosexuels qui s'embrassent et qui aurait prêté allégeance à l'Etat islamique, est décrit par ses proches comme impulsif et instable.

Qu'avait en tête le jeune homme de 29 ans lorsqu'il s'est engouffré armé d'un fusil d'assaut et d'une arme de poing dans le Pulse, cette boîte gay d'Orlando où les balles ont plu dimanche sur les fêtards, dont cinquante sont morts et 53 blessés ?

Le tireur, identifié par la presse américaine comme étant Omar Seddique Mateen, aurait selon la chaîne NBC appelé les secours américains (911) avant de passer à l'acte, pour annoncer qu'il prêtait allégeance au groupe ultra-radical EI.

Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers mais jure que son acte n'était en rien lié à la religion, au moment où ses "sympathies" avec la mouvance islamiste sont mises en avant par la police fédérale américaine (FBI).

Né à New York en 1986, le jeune homme déménage par la suite avec sa famille en Floride, où il entreprend des études de droit à l'université d'Etat Indian River.

En 2009, il se marie à sa première femme, dont il divorcera en 2011 selon des documents de justice consultés par l'AFP.

- Coup de sang -

Sous couvert d'anonymat, cette dernière, originaire d'Afghanistan, a confié au Washington Post avoir été régulièrement battue par son ex-mari du temps où ils vivaient dans un deux pièces à Fort Pierce, en Floride. "Il me battait. Il rentrait à la maison et se mettait à me frapper parce que la lessive n'était pas faite, ou des choses de ce genre", raconte-t-elle, ajoutant qu'"il n'était pas une personne stable".

Mais le changement s'est opéré par petites touches, confie-t-elle.

"Il semblait normal", pas très religieux, souvent à la salle de sport, selon son ex-femme qui se souvient de photos prises par Omar Mateen déguisé en officier de police new-yorkais.

A l'époque, il travaille comme gardien dans un établissement pour délinquants juvéniles et possède de ce fait un permis de port d'arme.

En 2013 et 2014, il fait l'objet de deux enquêtes pour liens potentiels avec des radicaux islamiques, selon des médias américains citant des sources policières.

Mais il n'est jamais inquiété et son casier judiciaire reste vierge.

Comment expliquer, dès lors, ce soudain et terrible dénouement ?

"Nous étions dans le centre-ville de Miami (...), les gens jouaient de la musique. Et il a vu deux hommes qui s'embrassaient devant les yeux de sa femme et son enfant, et il est devenu très énervé", a confié le père du suspect, Mir Seddique, à la chaîne NBC, plaidant un coup de sang envers les homosexuels.

"Ils s'embrassaient et se touchaient et il a dit: +Regarde ça. Devant mon fils, ils font ça+", a-t-il ajouté, assurant que la fusillade de dimanche n'avait "rien à voir avec la religion".

L'ex-femme d'Omar Mateen, elle, avait senti la violence monter. Au point d'appeler à l'aide les parents de son ancien mari face aux violences répétées. Ces derniers ont fini par l'exfiltrer de l'appartement conjugal. Et elle n'a plus jamais revu l'homme à l'origine du massacre d'Orlando.

"Ils ont littéralement sauvé ma vie", dit-elle de ses beaux parents de l'époque.

D'autres n'ont pas eu cette chance.

sha/nr/