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12/06/2016 15:30 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

USA: pire attentat depuis le 11-Septembre, enquête sur la piste jihadiste

Un Américain soupçonné d'être un sympathisant du groupe Etat islamique (EI) a perpétré dimanche aux Etats-Unis le pire attentat "terroriste" depuis le 11-Septembre 2001, avec au moins 50 morts dans une boîte de nuit gay de Floride.

Le tireur de la ville d'Orlando, qui a été tué par la police, a été identifié par le FBI sous le nom d'Omar Seddique Mateen, un Américain d'origine afghane de 29 ans. La police fédérale, qui enquête pour "terrorisme", le soupçonne fortement d'avoir prêté "allégeance" à l'EI dans un appel passé aux services d'urgence 911 quelques instants avant le massacre.

Un des survivants de la pire fusillade de l'histoire de l'Amérique a décrit à l'AFP des scènes de "chaos" et d'horreur.

Quelques heures après ce carnage qui a provoqué une onde de choc internationale, la police en Californie a annoncé qu'une autre attaque visant des homosexuels avait été évitée dimanche à Los Angeles lors de la marche des Fiertés.

Mais aucun lien avec Orlando n'a été établi.

Le FBI a révélé avoir interrogé Omar Seddique Mateen ces dernières années pour ses présumées "sympathies" islamistes mais que son enquête n'a jamais donné suite.

Reste que, selon une agence de presse liée aux jihadistes, c'est bien un "combattant de l'EI" qui est l'auteur de ce massacre dans un club gay d'Orlando, le Pulse, établissement emblématique de la communauté homosexuelle en Floride.

La fusillade, couplée à une prise d'otages de plusieurs heures dans la nuit, a fait au moins 50 morts et 53 blessés. La tuerie s'est soldée par la mort du tireur abattu par les policiers d'élite du SWAT.

- 'Crime haineux' -

Le président Barack Obama a condamné "un acte de terreur et de haine" et a ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tout le pays.

De son côté, le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump, qui a fait de la menace terroriste islamiste son fonds de commerce, a réitéré sa promesse d'interdire l'accès aux Etats-Unis pour les musulmans: "Si nous ne devenons pas très rapidement durs et intelligents, nous n'aurons bientôt plus de pays", a-t-il averti dans un communiqué.

Sa concurrente démocrate Hillary Clinton a dénoncé un "acte tragique" et a reporté un meeting de campagne prévu mercredi avec M. Obama.

Du côté des musulmans américains, qui comptent pour 1% de la population, le fondateur de la principale association communautaire (Cair) Nihad Awad a condamné "un crime haineux". Il a dénoncé l'attentat "dans les termes les plus forts. Il viole nos principes en tant qu'Américains et que musulmans".

A Orlando, une des plaques tournantes mondiales du tourisme, des témoins ont décrit des scènes d'horreur, de corps qui tombent et du sang partout dans ce club, le Pulse.

Trois gros trous éventraient le mur arrière de la boîte de nuit, également criblé de balles.

"C'était le chaos", a dit Janiel Gonzalez à l'AFP. "Les gens hurlaient +Aidez-moi, Aidez-moi, je ne peux pas bouger+. Et les gens se faisaient écraser", poursuivait-il devant l'hôpital d'Orlando où la plupart des victimes ont été transportées. Trois de ses amis étaient toujours portés disparus tandis que deux autres ont été blessés par balle.

Les autorités ont débuté le douloureux travail d'identification, avec sept noms rendus publics: des jeunes de 22 ans à 36 ans d'origine hispanique.

"Il était dans la boîte de nuit, nous sommes désespérés", a dit à l'AFP Angel Mendez, montrant sur son téléphone une photo de son frère, qu'il recherchait.

Il y avait plus de 300 personnes au Pulse.

La soirée "latine" sulfureuse avec spectacle de drag-queens dans la boîte gay a tourné vers 02H00 (06H00 GMT) "à la prise d'otages", selon la police. Trois heures plus tard, les policiers du SWAT sont intervenus sans que l'on sache dans quelles conditions sont mortes toutes les victimes.

Le suspect, qui aurait agi seul, vivait selon des médias à quelque 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, dans la ville de Port Saint Lucie.

- Connu du FBI -

Pour le FBI, M. Mateen n'était pas un inconnu.

Le patron de la police fédérale à Orlando, Ronald Hopper, a révélé que le jeune homme avait été interrogé plusieurs fois en 2013 et 2014: le FBI s'était intéressé à lui après "des remarques à ses collègues suggérant d'éventuels liens avec des terroristes", a-t-il expliqué. La police a aussi évoqué les "sympathies" de M. Mateen pour l'islamisme.

Mais son père, Mir Seddique, a assuré à la chaîne NBC que le massacre n'avait "rien à voir avec la religion".

"Nous étions dans le centre-ville de Miami (...) et il a vu deux hommes qui s'embrassaient devant les yeux de sa femme et son enfant, et il est devenu très énervé", a-t-il affirmé, se disant "choqué comme tout le pays" par la tuerie.

En raison de l'ampleur de la tragédie, le gouverneur de Floride Rick Scott a instauré l'état d'urgence dans le comté d'Orange qui inclut Orlando.

Les violences par armes à feu sont quasi quotidiennes aux Etats-Unis. L'année 2016 en compte plus que de jours écoulés et elles ont fait plus de 5.800 morts depuis janvier, d'après le site Gunviolencearchive.org.

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