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12/06/2016 12:48 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Un système national de protection de l'enfance réclamé après la mort d'un garçon

CALGARY — La représentante des droits des enfants en Colombie-Britannique affirme que la mort d'un enfant diabétique en Alberta illustre les failles des services interprovinciaux d'aide à l'enfance.

Mary Ellen Turpel-Lafond suit attentivement le procès d'Emil et Rodica Radita, qui ont plaidé non coupable relativement à la mort de leur fils Alexandru. L'adolescent de 15 ans est mort à Calgary en 2013 de complications liées à un diabète non traité et une insuffisance alimentaire. Il pesait moins de 37 livres (17 kilos) au moment de sa mort.

Des témoins ont déclaré que les parents refusaient d'accepter le diabète de leur fils lorsque la maladie a été diagnostiquée en Colombie-Britannique en 2000. Il a été hospitalisé à deux reprises pour malnutrition sévère. La deuxième fois, il a été placé en foyer d'accueil, mais a finalement été confié de nouveau à ses parents.

Les services d'aide à l'enfance surveillaient les Radita, mais ont perdu leur trace lorsque la famille a déménagé en Alberta en 2008.

Selon Mme Turpel-Lafond, le cas de ce garçon montre qu'il est nécessaire de créer un système de protection de l'enfance qui couvrirait tout le pays. Elle a déploré que le Canada n'ait pas de système national d'alerte pour des cas comme celui-ci.

Depuis l'affaire Radita, les provinces et territoires du pays, à l'exception du Québec, ont adopté une version révisée d'un protocole pour les enfants, les jeunes et les familles qui déménagent d'une province à une autre. Le protocole autorise le partage d'informations confidentielles sans le consentement d'une personne afin d'assurer la sécurité et le bien-être d'un enfant.

Mais pour Mme Turpel-Lafond, ce n'est pas un système très efficace parce que les services d'aide à l'enfance sont généralement débordés de travail et manquent de ressources. Elle préconise plutôt la création d'un système comme le Centre d'information de la police canadienne, qui permettrait aux autorités de partager de l'information.

Cette ancienne juge provinciale affirme que le problème des enfants à risque qui sont déplacés d'une province à une autre pour échapper aux autorités est plus grave qu'on le croit.

«Nous avons des gens qui sont tout simplement en fuite. Ils fuient les services de protection de l'enfance dans une province et se rendent dans une autre pour tout recommencer. Fréquemment, le système de protection de l'enfance d'une province perd leur trace et ferme tout simplement le dossier, et c'est ce qui s'est produit dans le cas de ce jeune garçon.»