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12/06/2016 07:41 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Libye: 12 prisonniers en liberté conditionnelle abattus à leur sortie

Douze personnes, accusées d'avoir participé à la répression de la révolte populaire en Libye contre le régime Kadhafi en 2011, ont été abattus après leur remise en liberté conditionnelle, a indiqué dimanche le parquet de Tripoli.

Les douze hommes ont été abattus par des inconnus vendredi, au lendemain d'une remise en liberté conditionnelle, selon le bureau du procureur.

Pour bénéficier de cet aménagement de peine, ils devaient se présenter tous les quinze jours au bureau du procureur général.

Le parquet a annoncé "la mise en place d'une commission d'enquête spéciale" pour identifier le ou les auteurs du meurtre, qui étaient détenus dans la prison de Rewemi à Aïn Zara, dans la banlieue sud-est de Tripoli.

Seddiq Es-Sour, chef des investigations au bureau du procureur général de Tripoli, a précisé que les corps avaient été retrouvés "à différents endroits".

Il a ajouté dans des propos à la télévision libyenne qu'il s'agissait bien de "prisonniers (...) accusés de meurtres, de répression et d'actes de tortures à l'encontre des manifestants lors de la révolution" de 2011, et qu'ils avaient été arrêtés entre 2011 et 2014.

Le gouvernement d'union nationale (GNA) a "condamné ce crime ignoble", appelant dans un communiqué les "autorités sécuritaires et judiciaires compétentes à prendre les mesures nécessaires, le plus rapidement possible, pour faire éclater la vérité et livrer les criminels à la justice".

Quant à l'émissaire des Nations unies pour la Libye, il s'est dit "choqué" d'apprendre que des "prisonniers relâchés par une cour libyenne ont été assassinés".

"Les circonstances des meurtres doivent être élucidées immédiatement par les autorités et avec transparence", a-t-il dit sur Twitter.

Des dizaines de personnes sont jugés en Libye pour avoir participé à la répression de la révolte populaire qui mit fin en 2011 aux 42 ans de dictature de Mouammar Kadhafi, dont des hauts dignitaires de l'ancien régime.

Début juin, la Cour suprême a ordonné la libération de six responsables du régime Kadhafi, condamnés à des peines allant de 5 ans à la perpétuité pour leur participation à la répression de la révolte, en attendant leur procès en appel.

En juillet 2015, un tribunal libyen a condamné à mort Seif el-Islam Kadhafi, l'un des fils les plus en vue de Mouammar Kadhafi, et huit des ses proches.

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