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12/06/2016 16:07 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Foule à la Gay Pride de Los Angeles malgré Orlando et une attaque évitée

Dans la tristesse mais aussi la défiance, des milliers de personnes ont participé dimanche à la Gay Pride de Los Angeles, quelques heures après l'attentat d'Orlando et alors qu'un homme arrêté avait prévu d'attaquer cette marche pour la défense des homosexuels.

"Je suis sous le choc" déclare Marpa Franzoni, 28 ans, à propos de l'attaque dans une boîte de nuit homosexuelle d'Orlando en Floride qui a fait 50 morts et 53 blessés, le pire attentat commis aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.

"Nous ne nous tairons pas et nous ne nous laisserons pas diminuer, quelque soit le type d'agression qui nous vise", assure-t-il en défilant au coeur du quartier d'Hollywood.

"Aujourd'hui est le dernier exemple en date prouvant que nous avons besoin de plus de droits pour la communauté LGBT (lesbienne, gay, bissexuelle et transgenre, ndlr) et que nous avons besoin de combattre la haine par l'amour", a ajouté Matt Reents, 32 ans, porte-parole du consulat britannique de Los Angeles, qui participait au défilé.

D'après la municipalité, des centaines de milliers de personnes ont marché dimanche dans les rues de la deuxième ville américaine.

Peu avant le début de la Gay Pride, la police a annoncé l'arrestation à Santa Monica, localité de bord de mer qui jouxte Los Angeles, d'un jeune homme équipé d'armes lourdes, quantités de munitions et de substances explosives. Cet homme âgé de 20 ans, James Howell, a déclaré à un agent pendant son interpellation qu'il avait prévu de "causer des dégâts" pendant le défilé, selon la police. Il est originaire de l'Indiana, dans le nord des Etats-Unis.

Les autorités n'ont toutefois pas trouvé d'élément permettant de lier le massacre d'Orlando et l'attaque évitée à Los Angeles.

Après voir envisagé d'annuler la marche, les autorités l'ont finalement maintenue avec une présence policière renforcée.

- Recueillement -

Le maire de Los Angeles Eric Garcetti a défilé à côté du chef de la police de Los Angeles en portant un drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, et un panneau où on lisait "Nous aimons Orlando".

"Nous sommes ici pour défiler, célébrer et nous recueillir", a-t-il déclaré à la foule, appelant, en l'honneur des victimes et de l'amour, "à serrer quelqu'un dans vos bras aujourd'hui".

La police a identifié le tireur d'Orlando comme étant Omar Seddique Mateen, un Américain d'origine afghane de 29 ans soupçonné d'avoir prêté allégeance à l'organisation jihadiste Etat islamique.

A Los Angeles, plusieurs personnes dans la marche des Fiertés ont admis avoir envisagé de ne pas venir, avant de se raviser.

Un Israélien qui avait échappé à une attaque lors d'une Gay Pride à Jérusalem l'an dernier, où six personnes avaient été poignardées, l'une mortellement, a jugé que le massacre d'Orlando montrait qu'il n'y avait aucun endroit réellement sûr.

"Si nous devons vivre dans la peur, on ne sortira plus de chez nous", a-t-il constaté, refusant de donner son nom.

"Nous allons donc continuer à vivre nos vies, apprendre aux gens à ne pas être homophobes, racistes, islamophobes et apeurés en permanence", a-t-il ajouté.

Beaucoup dans le cortège n'ont entendu parler de l'attaque en Floride qu'après être arrivés sur les lieux du défilé.

Perry Handy, avocat de 48 ans, participe chaque année à la parade de Los Angeles depuis 20 ans. Il qualifie de "pas en arrière" l'attentat d'Orlando.

Kyre Stucklin, 45 ans, en larmes, a déploré que l'accent soit mis sur l'éventualité des liens islamistes de l'assaillant plutôt que sur le fait qu'il ait visé la communauté LGBT.

"La pire fusillade de l'histoire des Etats-Unis est un crime haineux" contre les homosexuels, a-t-elle insisté.

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