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12/06/2016 05:04 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: le Vieux-Port de Marseille se remet des violences entre supporters

Les supporters de foot sont partis, les violences sont finies. Près de 24 heures après les violents affrontements sur le Vieux-Port de Marseille (sud de la France), seuls quelques bris de verre sur le sol témoignent encore des batailles rangées de la veille.

A l'image d'Henri, cafetiers et restaurateurs du célèbre port touristique veulent croire que ce scénario ne se reproduira pas.

"Nous, ça fait plus d'un mois qu'on se prépare", lance Henri. Cheveux poivre et sel, imposantes lunettes de soleil, le gérant du restaurant "La Galiote" veille dimanche matin à l'installation de sa terrasse pour le service du midi.

Des échauffourées qui ont opposé des groupes de supporters anglais, russes et des Français, faisant 35 blessés dont quatre grièvement, il ne reste quasiment pas de traces: juste quelques canettes de bière et des morceaux de verre couleur vert bouteille. Le Vieux-Port, baigné de soleil, a retrouvé sa sérénité avec beaucoup de monde attablé aux terrasses.

"C'était le même scénario qu'en 1998", se souvient Henri, relatant les scènes de hooliganisme lors du match Angleterre-Tunisie pendant la Coupe du monde en France. Mais, en dehors "de petits groupes d'excités", le restaurateur assure que tout se passe bien: "on a des familles de Russes ou d'Anglais qui sont venus déjeuner, il n'y a pas que des casseurs".

- La bière qui coule à flot -

Jean-Paul, gérant du "Queen Victoria", un établissement du port, très prisé de la clientèle anglo-saxone, explique que depuis trois jours il n'a pas sorti sa terrasse et utilise des videurs pour filtrer l'entrée: "samedi quand ça a explosé, nos client étaient à l'intérieur, on n'a rien vu".

Car rapidement la rixe entre Russes et Anglais a été dispersée par les lacrymogènes des policiers. Et, pendant une heure et demie, de petites bandes ont joué au chat et à la souris dans les ruelles autour du port, avec des confrontations sporadiques entre groupes rivaux et la police comme arbitre, aussitôt prise à partie à coups de jets de bouteilles et autres projectiles.

Henri décrit les chants qui grondent, les hommes torse nu et la bière qui coule à flot. "On a fermé notre terrasse vers 14h15", dit-il, quand on a compris que "le climat s'échauffait".

Pour le gérant du "Queen Victoria", Jean-Paul, le vrai problème c'est bien la vente d'alcool dans les épiceries et les supérettes. "Nous, on servait dans des gobelets en plastique", dit-il désignant du doigt les débris de verre sur le trottoir.

Justine, caissière au Havana Café, qui avait comme beaucoup de ses voisins fermé samedi après-midi, fustige aussi cette vente d'alcool sauvage. "On a vu des gens avec des cartons pleins de canette de bière se rassembler sur le Vieux-Port.

"Ca a un peu gâché la fête mais c'est pas fini", lance-t-elle. Henri et son serveur Loïc estiment que "peut-être avec une meilleure organisation" - interdiction de vente d'alcool dans les supérettes - "on aurait pu faire mieux".

Puis, il confie tout sourire que la fréquentation est "plutôt bonne" pour le démarrage de cet Euro 2016, se dit confiant pour la suite et hausse les épaules lorsqu'on lui parle "de match à risque".

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