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12/06/2016 04:17 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Belgique: le paradoxe Wilmots

Il est le coach qui a remis la Belgique sur le devant de la scène ces quatre dernières années, mais paradoxalement Marc Wilmots fait l'objet de critiques de plus en plus virulentes, étant même accusé de gâcher une génération dorée.

Au plat pays, les réseaux sociaux s'enflamment, les éditorialistes dégainent: "Willie" ne serait pas l'homme de la situation. "Une imposture", peut-on parfois lire. Violent.

Un sondage du quotidien flamand Het Nieuwsblad indiquait récemment que 70% des supporteurs des Diables rouges ne lui font pas confiance pour mener la génération actuelle en finale d'un grand tournoi.

Wilmots, c'est pourtant une seule défaite (face aux Gallois en juin 2015) en deux campagnes qualificatives (Mondial-2014, Euro-2016), une première place au classement Fifa (entre novembre 2015 et avril 2016) et un quart de finale au dernier Mondial alors que les Diables n'avaient plus participé à un grand tournoi depuis 12 ans.

Rien n'y fait: Wilmots est ciblé. Les supporteurs, exigeants, attendent du football champagne de la part d'un effectif gorgé de stars mais qui n'a pas été convaincant lors des matches de préparation.

"Les critiques ? Je ne me préoccupe pas de ce que les autres pensent. Si on gagne, c'est grâce aux joueurs. Si on perd, c'est ma faute. Dans tous les cas, c'est moi qui prends", réagit-il.

Stefaan Keygnaert, responsable football du Het Laatste Nieuws, le journal le plus lu en Belgique, reproche à Wilmots "un manque de clairvoyance tactique".

"En quatre ans sous Wilmots, nos deux meilleurs joueurs (Hazard et De Bruyne, ndlr) ont été impliqués ensemble (c'est-à-dire avec une passe décisive de l'un vers l'autre) dans seulement deux buts. Cela dit tout", argumente-t-il.

- "Fédérateur hors pair" -

"Quand la Belgique attaque, c'est l'improvisation totale, on ne voit aucun mouvement collectif", dit-il encore à l'AFP.

Dès la nomination de Wilmots en 2012, Het Laatste Nieuws l'avait pris en grippe: "Il ne suffit pas de mettre un survêtement et de crier hop! hop! hop! pour être un bon entraîneur", avait titré le journal.

"Nous avons une génération dorée, la meilleure de l'histoire du pays. Et on a confié cette génération à un entraîneur avec un CV vierge", fustigeait à l'époque Keygnaert, à propos de l'inexpérience d'un entraîneur alors débutant au plus haut niveau.

Côté francophone, dans un pays où les questions communautaires ne sont jamais loin, les médias sont plus conciliants avec Wilmots, premier sélectionneur wallon depuis Robert Waseige en 2002.

"Compte tenu des moyens financiers de la fédération, Wilmots est le meilleur compromis possible", estime Frédéric Larsimont, chef foot du journal Le Soir.

"C'est un fédérateur hors pair. Il a une équipe composée de stars, parfois mondiales. Même si ce n'est peut-être pas le plus fin tacticien, il a réussi à former un groupe soudé et solide", justifie-t-il.

"Pour trouver un autre coach, au CV bien garni et qui fédère aussi bien, il faut un entraîneur à 5 millions (d'euros par an, ndlr). Un salaire impayable pour la Fédération belge", endettée, ajoute le journaliste.

Bref, Wilmots divise. Et encaisse les critiques même si ses proches le disent touché. Son épouse Katrien est même montée au front cette semaine dans Le Soir: "On est premier mondial (2e actuellement, ndlr) et ce n'est pas bon ! Etre plus haut, cela va pourtant être difficile. Soit. Mais ces critiques font du mal à mes enfants".

"Marc ne va pas être entraîneur de l'équipe nationale toute sa vie. Ils en ont déjà marre de lui maintenant...", conclut-elle.

bnl/adc