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12/06/2016 14:00 EDT | Actualisé 13/06/2017 01:12 EDT

Denis Coderre se fait rassurant quant à l'avenir du Grand Prix à Montréal

MONTRÉAL — Le maire de Montréal Denis Coderre s'est fait rassurant sur l'avenir du Grand Prix du Canada, dimanche, quelques jours après que le grand patron de la Formule Un, Bernie Ecclestone, eut remis en question sa pérennité.

Jeudi, Ecclestone avait pressé l'administration Coderre de respecter l'entente conclue en 2014, qui incluait des investissements de 32,6 millions de dollars pour l'amélioration des installations du circuit, sans quoi il pourrait disparaître.

Les travaux, qui devaient initialement être achevés pour 2017, doivent comprendre la rénovation des garages, de la tour de contrôle et de l'antenne médicale. Or, rien n'a encore été fait à ce niveau.

«Nous connaissons tous Bernie, a lancé M. Coderre, sourire en coin. Chaque fois qu'il y a un Grand Prix, il y a des questions et nous devons clarifier quelques éléments.

«Il a clairement dit depuis le jour 1 que le Grand Prix du Canada est un des trois meilleurs. Nous le savons tous. Non seulement au chapitre des assistances, mais aussi pour les pilotes. Il y a une vraie relation avec l'industrie de la course automobile et Montréal.»

M. Coderre a assuré qu'il avait discuté avec Ecclestone en compagnie du président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers, dans les derniers jours, pour s'entendre sur certaines modalités concernant les paddocks et aussi pour établir un nouvel échéancier pour l'achèvement des travaux.

Le maire a ajouté qu'une année avait été fixée, mais qu'elle serait dévoilée «en temps et lieu».

Les hommes ont conclu une entente informelle et le tout devrait être finalisé d'ici la fin du mois de juillet. Selon M. Coderre, il y aura un Grand Prix à Montréal en 2017, même si les travaux ne sont pas effectués.

«Nous devions voir ce qui serait permanent et ce qui ne le serait pas, a-t-il précisé. Ce sont de petits détails, mais nous devons les respecter pour s'assurer que ce soit correct. Nous devions nous assurer que tout le monde soit sur la même longueur d'ondes et c'est le cas maintenant.

«On est là pour offrir les conditions nécessaires pour la tenue d'un Grand Prix. [...] Nous nous sommes entendus sur ce que nous avions à faire et nous allons le faire.»

Terminé, l'affichage unilingue

Le maire de Montréal a aussi réagi sur la controverse entourant les publicités entièrement anglophones de l'entreprise brassicole hollandaise Heineken, placardées un peu partout sur le circuit Gilles-Villeneuve.

Sans vouloir déclencher une «guerre linguistique», M. Coderre a assuré que la situation serait corrigée à l'avenir. Depuis l'annonce du partenariat avec Heineken, jeudi, les amateurs de course croisent à répétition d'immenses panneaux où on peut lire «If you drive never drink» (Si vous conduisez, ne buvez jamais).

«On va s'assurer que ça se fasse dans le respect parce qu'on est une métropole francophone, a commenté le maire. La question de la langue n'est pas une question de promotion, la question de la langue, c'est une question de ce que représente Montréal. Montréal est une métropole francophone avec une grande diversité, avec un contingent anglophone également, mais on va s'assurer que ça ne se reproduise plus.»

En entrevue à La Presse Canadienne, le ministre de la Culture et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, a assuré que cette situation «inacceptable» ne se reproduira plus au Grand Prix du Canada.

Il a déclaré être déjà en communication avec le promoteur de l'événement pour le «sensibiliser» à l'importance de respecter l'article 20 du Règlement sur la langue du commerce et des affaires — qui stipule que l'affichage public et la publicité commerciale relatifs à un tel événement peuvent se faire (...) à la fois en français et dans une autre langue, pourvu que le français y figure «de façon au moins aussi évidente».

«Je vais communiquer par écrit avec François Dumontier pour que lui sensibilise les dirigeants de la F1, sensibilise les commanditaires à cet aspect important qu'est le respect de la langue française au Québec», a-t-il fait valoir.

«La loi est là pour être respectée», a-t-il insisté tout en préconisant la méthode douce plutôt qu'une méthode plus coercitive pour passer son message.