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11/06/2016 09:51 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: vers 17H00, une vague de supporteurs déferle dans Marseille

"Abritez-vous!". Vers 17H00 samedi, une vague de supporteurs déferle près du Vieux-Port de Marseille, chaises et bouteilles fendent l'air et de violentes bagarres éclatent entre Britanniques, Russes et Français avant le match Angleterre-Russie de l'Euro 2016.

Ces violences, que quelque 250 policiers et gendarmes ont tenté d'endiguer en recourant notamment à des grenades de gaz lacrymogène, ont laissé un supporteur anglais entre la vie et la mort.

Le Vieux-Port s'est rempli de fumées. Un homme à terre est roué de coups par plusieurs autres, jusqu'à ce que les forces de l'ordre interviennent et le dégagent. Dans les rues marchandes derrière le port, les passants s'abritent dans les boutiques.

Un Anglais torse nu, le visage en sang : "J'ai besoin d'aide, on m'a tout pris, mon téléphone" dit-il en larmes. Deux femmes l'invitent à s'abriter dans le McDonald's voisin.

Le Vieux-Port est jonché d'innombrables bouteilles de bière brisées -parfois par packs entiers-, de chaises et de tables des bars voisins, qui s'empressent de fermer leurs terrasses et de se retrancher à l'intérieur, derrière les rideaux de fer.

Près d'une bouche de métro, trois supporters anglais, le visage ensanglanté, sont soignés par des infirmiers.

"J'ai perdu mes amis", dit un Anglais âgé d'une cinquantaine d'années, "On n'est pas venus pour ça", soupire-t-il, avant de s'abriter précipitamment derrière un kiosque à journaux.

A Marseille samedi, à quatre kilomètres de l'ambiance survoltée du Vieux-Port, c'est dans une atmosphère bien différente que se côtoient calmement d'autres supporters anglais et russes, arrivés en nombre au rond-point du Prado, à côté du Stade Vélodrome où doit se dérouler le match Angleterre-Russie.

"Oui, on a entendu ce qui s'est passé (au Vieux-Port), mais vous savez, on est des milliers de supporteurs, et il y a forcément quelques gars excités", explique Clive, venu avec des amis de Newcastle.

"On chante beaucoup, on boit beaucoup, mais on vient d'abord pour s'amuser", poursuit ce géant, la croix sur fond blanc peinte sur les joues, qui reconnaît avoir déjà ingurgité "quelques" pintes de bière.

L'avenue devant le stade a été bloquée à la circulation et les forces de l'ordre sont bien visibles, près du stade et plus loin près de la fan zone, où une compagnie de force mobile est stationnée.

Des supporters britanniques et russes, accompagnés de policiers français de la brigade anti-hooliganisme, font également des rondes. Ils tentent de repérer d'éventuels interdits de stade ou d'anticiper les comportements à risques pour les signaler à la police française.

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