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11/06/2016 08:32 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Les hooligans gâchent la fête à Marseille

Supporter ensanglanté frappé au sol par d'autres à coups de pieds, chaises de bars qui volent, projectiles lancés sur les forces de l'ordre, nuages de lacrymogènes: la violence a jeté une ombre sur l'Euro en marge d'Angleterre-Russie, match à risques qui a lieu à Marseille (sud) samedi soir.

Le match est programmé samedi à 21h00 au stade Vélodrome, mais les scènes de guérilla urbaine se succèdent et s'amplifient depuis jeudi soir sur le Vieux-Port, avec des hooligans fortement alcoolisés.

Un nouveau seuil a été franchi dans la violence samedi après-midi, avec une série de heurts entre supporters des deux camps et contre les forces de l'ordre. Celles-ci ont utilisé des gaz lacrymogènes et des chiens pour disperser des petits groupes d'assaillants. Dans un premier bilan, la police a fait état de cinq blessés et de six interpellations.

"On occupe le terrain. Nous intervenons systématiquement quand il y a des rixes pour les disperser", ont déclaré à l'AFP les autorités.

Les principales craintes liées à la sécurité pour l'Euro concernent les éventuels attentats. Mais les violences impliquant les supporters anglais rappellent que le hooliganisme est toujours là, et que la crainte du terrorisme ne doit pas l'éclipser: Angleterre-Russie est d'ailleurs l'une des cinq rencontres du premier tour classées à risques.

Pour garantir le bon déroulement de l'accès des supporters au Vélodrome, les autorités aveient prévu deux itinéraires différents pour Russes et Anglais afin d'"éviter tout trouble à l'ordre public". Mais impossible visiblement d'empêcher les bagarres autour des terrasses de café.

Ces scènes renvoient 18 ans en arrière, presque jour pour jour: elles rappellent les violences qui avaient entouré le match Angleterre-Tunisie les 14 et 15 juin 1998 au premier tour du Mondial en France et avaient impliqué des supporteurs anglais, tunisiens et de jeunes Marseillais.

- Attention à Turquie-Croatie -

Un deuxième des cinq matches classés "niveau 3" sur une échelle de risques de 4 aura lieu ce week end: Turquie-Croatie, dimanche au Parc des Princes à Paris (Gr. D).

Les trois autres sont Allemagne - Pologne (Gr. C, le 16 juin au Stade de France), Angleterre - Pays de Galles (Gr. B, le 16 juin à Lens) et Ukraine - Pologne (Gr. C, le 21 juin, encore à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale (CCPI), sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

Les fans de foot, les vrais, eux, attendent beaucoup de l'Angleterre sur la pelouse du Vélodrome. Trop ? Harry Kane et Jamie Vardy, les deux fines gâchettes de la saison avec Tottenham et Leicester, devraient enfin être associés en pointe. Ce qui signifie que Wayne Rooney, malgré ses sept buts en huit sélections cette saison, descendra au moins d'un cran.

- Grèves: pas de pagaille -

En attendant cette affiche sous haute surveillance, la deuxième journée du tournoi a été lancée à 15h00 par Albanie-Suisse, à Lens.

Cette rencontre avait une saveur toute particulière pour la fratrie Xhaka, Granit le Suisse et Taulant l'Albanais, nés de parents kosovars réfugiés en Suisse pendant la guerre en ex-Yougoslavie, mais désormais adversaires sur le terrain. C'est Granit et la Suisse qui sont sortis vainqueurs, 1-0.

Dans le troisième match de la journée, le Pays de Galles participe à son premier Euro, en affrontant la Slovaquie à Bordeaux (18h00). Avec un duel à distance entre le Gallois Gareth Bale, star du Real Madrid qui a ouvert le score sur coup franc à la dixième minute, et le Slovaque de Naples Marek Hamsik, à la célèbre crête punk.

Sur le front social, les grèves qui touchent la France depuis dix jours se poursuivent ce week end. Pour autant, les déplacements des supporters ne devraient pas être perturbés.

Dans les airs, la grève des pilotes d'Air France débute mais la compagnie a prévu d'assurer "83% de ses vols" samedi et "près de 80%" dimanche.

Côté rail, la grève à la SNCF se poursuit mais 9 trains grandes lignes (TGV) sur 10 et 6 trains régionaux sur 10 en moyenne circuleront samedi et dimanche.

Le vrai temps fort du conflit social semble devoir être la manifestation nationale contre le projet de loi travail, mardi à Paris. "Ca va être énorme", a assuré le leader du principal syndicat gréviste (CGT), Philippe Martinez. Ce jour-là, seuls deux matches seront au programme de l'Euro: Autriche - Hongrie à Bordeaux et Portugal - Islande à Saint-Etienne.

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