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11/06/2016 02:34 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Irlande du Nord: Lafferty, Dieu, Best et Bambi sur la glace

Déjanté, grand séducteur et attachant, l'attaquant de l'Irlande du Nord Kyle Lafferty n'est pas sans rappeler le légendaire George Best avec le talent en moins. Après avoir inquiété cette semaine, "Dieu" pourra finalement éclairer l'Euro-2016 contre la Pologne dimanche à Nice.

"Je n'ai jamais été aussi excité avant un match", a reconnu cette semaine le joueur de 28 ans qui a fait le show en expliquant qu'il aimerait bien affronter... l'Argentine lors du rendez-vous continental. "Jusque-là, c'est notre plus grande échéance internationale à tous. Ce serait énorme de marquer dans un tournoi aussi majeur. Je ne me suis jamais senti aussi bien".

Des propos qui contrastent pourtant avec le vent de panique qu'il a fait souffler au pays après sa blessure aux adducteurs mardi à l'entraînement. Mais finalement l'avant-centre aux 17 buts en 52 capes depuis 2006 sera bien là et la nation a pu reprendre ses esprits.

"#priezpourkyle" est même devenu le mot-clé de la semaine sur Twitter en Irlande du Nord.

"Il va bien mais l'autre jour, il était un peu comme Bambi sur la glace, en a rigolé après-coup le défenseur Gareth McAuley. Certains disent même qu'il a dormi dans la chapelle de l'hôtel. Il nous a fait un peu peur à l'entraînement mais ensuite on a vu que c'était pas si grave. Il a le bon état d'esprit".

Formé à Burnley, Lafferty s'est révélé à Glasgow avec les Rangers avant de devoir les quitter en 2012 lorsque les problèmes financiers sont apparus.

- Un coureur de jupons -

Plus aventureux que la plupart des Britanniques, il a rebondi à Sion en Suisse, puis à Palerme en 2e division italienne, où il a savamment entretenu sa réputation sulfureuse.

Avec 11 buts en 34 matches de Serie B, il a aidé les Siciliens à remonter, mais le volcanique président Maurizio Zamparini a coupé court à l'aventure en l'accusant publiquement d'être un "coureur de jupons incontrôlable".

Dans un pays qui a adulé George Best, les écarts de conduite de cet éphémère époux d'une Miss Ecosse n'ont pu que renforcer sa cote de popularité.

En 2014, c'est donc la queue entre les jambes qu'il revient à Norwich pour aider le club à remonter en Premier League. Après une demie saison, il est prêté en février 2015 au club turc de Rizespor avant de revenir à Norwich en début de saison.

Quelconque en club avec deux buts en neuf matches seulement, le longiligne attaquant(1,93 et 71 kg) finit par être à nouveau prêté en avril à Birmingham, en 2e division.

En revanche, dès qu'il enfile le maillot de la sélection, il est comme transfiguré, à l'image de ses sept buts en éliminatoires.

Un total modeste comparé à celui du Polonais Robert Lewandowski (13 buts), mais qui lui permet néanmoins d'entretenir l'idée d'un duel à distance moins déséquilibré qu'il n'y parait.

"Ses statistiques étaient bonnes avant que j'arrive mais il avait des soucis de discipline, a expliqué avant l'Euro le sélectionneur Michael O'Neill. Je lui ai dit que je n'avais pas de problème avec lui et que je serai ami avec lui si j'étais dans le vestiaire. Il est très important pour nous et j'ai dû lui faire prendre conscience qu'il fallait qu'il change".

Résultat, avant son premier tournoi depuis le Mondial-1986, l'Irlande du Nord reste sur 12 matches sans défaites, plus longue série en cours des participants.

cd/agu