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11/06/2016 03:33 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Croatie: Subasic, la force tranquille

Un vrai phénix. Ecarté de son club croate, menacé à Monaco par le gardien de l'Argentine, Danijel Subasic a toujours su faire face et surmonter les obstacles pour parvenir à s'installer comme titulaire de la Croatie, qui ouvre son Euro-2016 dimanche contre la Turquie.

Sobriété. "C'est un gardien à l'ancienne, avec une forme de classicisme", explique à l'AFP l'ancien gardien Élie Baup.

Pour le consultant BeIn Sport, Subasic (31 ans, 21 sélections) "est très bon sur sa ligne, il a d'excellents réflexes, il impose sa présence par sa tonicité dans les sorties aériennes. Mais il n'est pas de ces gardiens très offensifs, qui anticipent beaucoup avec une position très haute, à la manière de (l'Allemand) Manuel Neuer, il est plus sécuritaire".

Ce style a permis à Subasic de mener sa carrière relativement dans l'ombre, et de s'imposer dans le but croate à la retraite de Stipe Pletikosa, après le Mondial-2014.

Le gardien de Monaco, 36 matches en Ligue 1 cette saison, 50 buts encaissés, a toujours su patienter.

En début de carrière, il n'est devenu titulaire à Zadar, le club de sa ville natale, qu'après la descente de l'équipe en 2e division.

Il progresse, remonte en 1re division, et grimpe d'un étage en rejoignant le second grand club du pays derrière le Dinamo Zagreb, l'Hajduk Split, avec lequel il remporte son seul trophée, la Coupe de Croatie 2010.

Mais l'histoire finit en queue de poisson, son entraîneur, l'ex-coéquipier de Hristo Stoitchkov avec la Bulgarie, Krassimir Balakov, l'écarte car il refuse de prolonger son contrat.

Subasic va rebondir en 2e division, en France, où il rejoint Monaco en janvier 2012. Il marque même un but, sur coup franc direct, contre Boulogne à la dernière journée.

- Il devance Romero -

L'été suivant semble devoir lui coûter sa place. L'ambitieux Monaco recrute le gardien de l'Argentine, Sergio Romero, mais le Croate garde la confiance de Claudio Ranieri et joue toute la saison.

"Cette progression correspond à son style de jeu, estime Baup, c'est un gros travailleur. Il n'a pas un point particulier très fort, sa force c'est sa sobriété et son autorité."

Subasic s'est même remis d'être un des rares gardiens à avoir encaissé un but de son coéquipier à Monaco, Jérémy Toulalan, 8 buts en 16 ans de carrière professionnelle. C'était avec les Espoirs contre la France.

"Quand on s'est retrouvé ici je n'avais pas oublié, et lui non plus: il n'en a pas marqué beaucoup des buts", a raconté Subasic à L'Équipe.

Mais Subasic reste "une valeur sûre dans un grand championnat", rappelle Baup, qui le classe "dans le top 4 en France avec Mandanda, Enyeama et Lopes".

Il aura besoin de toute son autorité face aux Turcs, au Parc des Princes dimanche.

"De plus c'est une bonne personne, quelqu'un qui assume quand il a fait une erreur, et un des leaders du vestiaire à Monaco", ajoute le champion de France 1999 à la tête de Bordeaux.

"Quand je suis nul je le dis", confirme Subasic, qui préfère l'anonymat. "Je n'ai pas besoin d'avoir ma photo (dans les journaux), je n'ai plus 20 ans, je suis numéro un en Croatie, numéro un à Monaco, deux belles équipes", ajoute-t-il.

Mais il refuse en bloc le statut de star. "Quelle star, ça va pas ou quoi? Je suis connu. Modric, Rakitic, Mandzukic, ça, ce sont des stars", conclut-il, tranquille.

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