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11/06/2016 11:11 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Décès de la star du cyclisme allemand Rudi Altig à 79 ans

Longtemps le coureur de référence du cyclisme allemand, l'ancien champion du monde Rudi Altig est décédé samedi à l'âge de 79 ans, après s'être imposé dans le peloton des années 1960.

Le coureur de Mannheim (ouest) est mort, entouré de sa famille, des suites d'une grave maladie, a indiqué sa famille à l'agence sportive allemande SID, filiale de l'AFP.

Resté très populaire en Allemagne, Rudi Altig s'est construit un palmarès imposant, à commencer par son titre de champion du monde acquis en 1966, sur le circuit du Nürburgring, au terme d'une course qui l'a vu les deux rivaux français, Jacques Anquetil (2e) et Raymond Poulidor (3e), se neutraliser.

Il avait d'abord gagné des titres mondiaux sur la piste. Redoutable poursuiteur (trois fois champion du monde) en raison de sa puissance, il at formé à ses débuts une des meilleures paires d'américaine avec Willy, son frère aîné, qui l'avait amené au vélo, alors qu'enfant il préférait le foot.

Sur route, ce solide routier-sprinteur (1,85 m pour 82 kg) a brillé tant dans les classiques (Tour des Flandres 1964, Milan-San Remo 1968) que dans les grands tours. Malgré ses limites en haute montagne, il a remporté la Vuelta 1962 et pesé à maintes reprises sur le Tour de France (vainqueur de 8 étapes, une fois maillot vert), dans lequel il a tour à tour été coéquipier et adversaire d'Anquetil.

- L'humiliation d'Anquetil -

Tous deux ont fait la paire en 1962 dans un mémorable Trophée Baracchi, un contre-la-montre disputé par équipes de deux. Anquetil, dans un mauvais jour, a souffert mille morts dans le sillage d'Altig qui l'a humilié publiquement en le tirant littéralement par la selle et en lui montrant le poing devant les caméras de télévision.

Le champion français, grand spécialiste du contre-la-montre, jura par la suite de prendre sa revanche: à Baden-Baden, dans un exercice similaire, il a mis son orgueilleux coéquipier à plusieurs mètres et lui a interdit de prendre le relais jusqu'à l'arrivée.

Maillot jaune dans quatre Tours de France différents (1962, 1964, 1966, 1969), durant dix-huit jours au total, Altig a aussi été contrôlé positif en fin de carrière à une époque où la lutte antidopage n'en était qu'à ses balbutiements et les contestations nombreuses.

En 2007, il a ainsi été déclaré persona non grata à Stuttgart par les organisateurs allemands du Mondial, alors en quête éperdue de rédemption, qui lui reprochaient son attitude passée sur le sujet ultra-sensible du dopage.

Il a arrêté sa carrière en 1971 mais cet amateur de golf ne s'est guère éloigné du cyclisme puisqu'il devint directeur sportif et sélectionneur, ainsi que consultant pour différentes chaînes de télévision.

"Le cyclisme est un fil rouge dans ma vie, que je ne coupe pas, tant que je vivrai", avait-il déclaré à l'époque de son 75ème anniversaire.

Selon ses propres calculs, il avait pédalé sur plus d'un million de kilomètres.

Rudi Altig était marié, avait trois enfants et deux petits enfants.

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