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11/06/2016 09:25 EDT | Actualisé 12/06/2017 01:12 EDT

Attaque Boko Haram au Niger: l'ONU demande une mobilisation internationale

Le coordinateur humanitaire des Nations Unies au Niger Fodé Ndiaye a appelé samedi la communauté internationale à mobiliser ses ressources pour la crise humanitaire née après l'attaque massive de Boko Haram à Bosso, dans le sud-est du Niger.

"Avant les événements nous avions dans notre plan de réponse humanitaire 75 millions de dollars. Au moment où je vous parle il nous manque 3 dollars sur 4 et ça c'était avant les événements. Il est important d'avoir une plus grande mobilisation de la communauté internationale", a affirmé à l'AFP M. Diaye à son retour de Diffa, capitale de la province où a eu lieu l'attaque.

Selon les autorités nigériennes, 26 soldats avaient été tués la semaine dernière dans un assaut lancé par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram à Bosso, une localité du Niger proche de la frontière avec le Nigeria et le Tchad.

Et quelque 50.000 personnes ont fui la zone dans un secteur qui accueillait déjà de nombreux camps de réfugiés et déplacés en raison du harcèlement de Boko Haram.

"Ce sont des milliers de personnes qui sont sur les routes, certains ont des brouettes (...) à pied dans des conditions extrêmement difficiles sans eau, sans abri. Certains sont étalés sous des arbres avec cette chaleur accablante et en ce mois de ramadan", a expliqué M. Diaye.

"A Kijendi (camp qui comptait 12.000 personnes avant l'attaque) habituellement, le docteur reçoit dix patients (par jour). Il en reçoit actuellement 100 par jour", a-t-il précisé.

"Si on ne fait pas attention cette crise aura une incidence sur les pays du lac Tchad, qui peut être une incidence très grave, durable", a-t-il prévenu, soulignant que le "premier besoin" était l'eau, notamment pour le bétail, ce qui risquait d'ailleurs de se transformer en affrontement communautaire.

Selon une autre source humanitaire à Niamey, un affrontement entre des Bouroumas et des éleveurs peuls a d'ailleurs fait un mort samedi.

L'armée tchadienne, la plus aguerrie de la région, faisait mouvement avec 2.000 hommes pour combattre les insurgés islamistes alors que le gouvernement nigérien a promis une contre-offensive "d'envergure".

pgf/gl