POLITIQUE
09/06/2016 05:41 EDT

Les pipelines, meilleure façon de stimuler l'économie, selon Joe Oliver

Keith Wood via Getty Images
Worker turning valve on geothermal pipeline, silhouetted against dusk

Les grands projets d'oléoducs privés en développement à travers le Canada seraient plus efficaces pour stimuler l'économie canadienne que les investissements en infrastructures prévues par le gouvernement Trudeau, selon l'ex-ministre des Finances du Canada Joe Oliver, Senior Fellow à l'Institut économique de Montréal depuis mars.

En permettant notamment l'accès au marché mondial pour le pétrole produit en Alberta, la construction de pipelines aurait des retombées économiques plus importantes pour le pays que le déficit d'une trentaine de milliards prévu par Justin Trudeau, avancent l'ex-ministre conservateur et l'économiste Youri Chassin dans une note économique publiée par l'Institut économique de Montréal.

«Tant que les marchés d’exportation pour le pétrole canadien se limitent aux États-Unis, ce secteur est dépendant d’un marché où il se produit aussi de plus en plus de pétrole», peut-on lire dans la note. Selon les calculs de l'institut, les meilleurs prix obtenus sur le marché mondial représenteraient des recettes supplémentaires de 13,5 milliards$ pour l'économie canadienne.

Pour en venir à cette conclusion, les coauteurs ont étudié quatre projets: Énergie Est de TransCanada, Northern Gateway d'Enbridge, Trans Mountain de Kinder Morgan, et Keystone XL de TransCanada. Ils ont ensuite tenté de chiffrer leurs retombées économiques sur le plan pancanadien.

«Malgré le fait que les municipalités concernées n’obtiennent pas toutes des retombées directes significatives sur leur territoire, cela n’empêche nullement que des projets aussi importants soient économiquement positifs dans une perspective pancanadienne. C’est de ce point de vue global qu’ils doivent être évalués.» - Extrait de la note économique

Les projets étudiés représentent — si on exclut Keystone XL, situé principalement aux États-Unis — des investissements s'élevant à 34 milliards$. Par contraste, le gouvernement Trudeau a annoncé en 2016 qu'il investira 120 milliards$ dans les infrastructures publiques au cours des 10 prochaines années. Mais comme le souligne la note économique, les investissements réels pour l'année en cours ne représentent que 3,97 milliards$ «soit l'équivalent de 13,5% du déficit prévu de 29,4 milliards$».

Cet écart s'explique selon les auteurs par le fait que certaines dépenses sont présentées par le gouvernement comme des investissements dans les infrastructures «alors qu’elles n’en sont pas: logement abordable, apprentissage et garde des jeunes enfants, infrastructures culturelles et sportives, adaptation et résilience des municipalités aux changements climatiques, etc.»

«Ces dépenses, qu’elles soient souhaitables ou non sur le plan social, ne constituent pas des investissements dans les infrastructures économiques», nuance-t-on dans le texte.

Celui qui a tenu les cordons de la bourse pendant les 18 derniers mois du gouvernement de Stephen Harper estime que «les investissements privés sont nettement préférables aux dépenses publiques, même en infrastructures, pour stimuler l'économie».

«Les projets de pipeline, en particulier, représentent d’importants bénéfices économiques sans endetter les Canadiens ni augmenter leurs impôts.» — Youri Chassin, directeur de recherche à l'IEDM

Joe Oliver et Youri Chassin encouragent donc le gouvernement à favoriser la progression des quatre grands projets d'oléoducs, notamment par le biais d'une «réglementation intelligente» qui éviterait les dédoublements réglementaires.

Le pari économique risqué de Justin Trudeau sera-t-il aussi payant qu'il l'a promis? Pas si l'on en croit l'ancien ministre des Finances conservateur.

Déjà publié sur Le HuffPost:

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