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08/06/2016 14:28 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Une anthropologue canado-iranienne emprisonnée en Iran

Une anthropologue canado-iranienne, Homa Hoodfar, professeure à l'université Concordia à Montréal, a été arrêtée et est détenue en Iran depuis lundi, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Homa Hoodfar, 65 ans, a été emprisonnée à la prison d'Evin à Téhéran, ont indiqué des membres de sa famille dans un communiqué.

L'anthropologue, qui a aussi la nationalité irlandaise, s'était rendue en Iran en février pour poursuivre ses recherches ethnographiques sur le rôle public des femmes.

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages sur les femmes et la sexualité dans les sociétés musulmanes.

Mme Hoodfar avait été interpellée une première fois le 10 mars par une unité du contre-espionnage des Gardiens de la révolution, quelques jours avant son retour prévu au Canada, selon ses proches.

A cette occasion, son logement avait été perquisitionné et ses biens, y compris son passeport, ont été saisis, a précisé à l'AFP une porte-parole de la famille, Amanda Ghahremani.

Homa Hoodfar ne pouvait depuis quitter l'Iran et avait été soumise à de longs interrogatoires. Elle a été emprisonnée lundi après un autre de ces interrogatoires, a ajouté Mme Ghahremani.

"Le gouvernement du Canada est activement engagé dans cette affaire", a indiqué une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Rachna Mishra, dans un courriel à l'AFP.

"Nous travaillons en étroite collaboration avec nos proches alliés pour aider le Dr Hoodfa", a ajouté la porte-parole.

Son emprisonnement survient quelques mois après que le gouvernement libéral de Justin Trudeau a renoué des relations avec l'Iran, rompues par le précédent gouvernement conservateur.

"Il n'est pas clair si elle est accusée d'espionnage, de sédition ou de propagande contre l'Etat", a souligné la famille. "Son avocat et sa famille n'ont pas pu la voir et la cause de son arrestation ne leur a pas été communiquée".

Ses proches craignent pour son état de santé. Elle souffre d'une maladie neurologique rare et les responsables iraniens l'ont privée de ses médicaments, ont assuré ses proches.

Homa Hoodfar, qui enseignait à l'université Concordia depuis 1991, continue de superviser des doctorants en anthropologie, a dit Amanda Ghahremani.

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