NOUVELLES
08/06/2016 10:44 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Toujours au plus haut, le pétrole salue des signes de baisse de l'offre

Pour la troisième séance consécutive, les cours pétroliers ont fini mercredi au plus haut de l'année, après l'annonce d'une baisse des réserves américaines de brut, tandis que persistaient les inquiétudes sur la production au Nigeria.

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en juillet a pris 87 cents à 51,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange, terminant, comme à chaque fois depuis le week-end, à un niveau sans précédent depuis juillet dernier.

Le marché pétrolier a poursuivi mercredi sa hausse pour "deux raisons", a estimé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

"La première et, je crois, la plus importante, c'est que les violences persistent au Nigeria et privent le marché d'une partie de l'offre", a-t-il estimé.

Les Vengeurs du delta du Niger (NDA), groupe rebelle nigérian ayant mené plusieurs attaques contre des installations pétrolières depuis février, ont rejeté mercredi une offre de pourparlers par le gouvernement, tout en revendiquant une nouvelle frappe.

Selon des chiffres officiels, la recrudescence des attaques a fait chuter la production de brut à 1,6 million de barils par jour (bj), bien en deçà des 2,2 millions prévus dans le budget 2016, dans le pays, principal producteur africain de pétrole avec l'Angola.

Ces problèmes ont des conséquences sur l'ensemble du marché, car "il ne reste plus beaucoup de capacités de stockage au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)", ce qui empêche d'autres producteurs du cartel de prendre le relais du Nigeria, a remarqué Mike Lynch, de Strategic Energy & Economic Research. "Tant que ce sera le cas, les investisseurs vont se concentrer sur ces problèmes d'offre".

Second grand facteur de soutien mercredi, les marchés ont pris connaissance d'une baisse hebdomadaire conséquente des réserves de brut aux Etats-Unis, puisqu'elles ont décliné de plus de trois millions de barils, selon les chiffres du département de l'Energie (DoE).

"Les raffineries accélèrent la cadence aux Etats-Unis et cela commence à se faire sentir par une baisse des stocks" de brut, a expliqué M. Lipow. "Cette tendance devrait continuer jusqu'à la fin de l'été, car les raffineries ont achevé leur saison de maintenance, et cela augmentera la demande de brut."

bur-jdy/chr/bdx