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08/06/2016 10:05 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Réforme judiciaire bloquée en Albanie: Américains et Européens s'inquiètent

Américains et Européens ont dit mercredi leur inquiétude sur le blocage par l'opposition albanaise d'une réforme d'un système judiciaire qualifié de "corrompu et politisé" par l'ambassade des Etats-Unis.

Lors d'une réunion lundi, le Premier ministre socialiste Edi Rama n'est pas parvenu à convaincre l'opposition de droite de se rallier à cette réforme, réclamée par Bruxelles et Washington et négociée depuis 18 mois.

En conséquence, il a prévenu qu'il allait soumettre au Parlement cette réforme, qui, pour être adoptée, doit réunir les deux-tiers des élus, une majorité dont ne dispose pas Edi Rama qui aurait besoin des suffrages d'une partie des élus de l'opposition.

Dans un communiqué, la délégation de l'UE à Tirana a exprimé son "regret" après cet échec à trouver un consensus et a appelé de ses voeux une adoption du texte "complètement en accord avec les normes européennes et les engagements albanais envers l'UE".

"Il en ira de la responsabilité individuelle des parlementaires de décider s'ils veulent garder le système judiciaire corrompu et politisé d'aujourd'hui, ou s'ils soutiennent la réforme", a de son côté réagi l'ambassade des Etats-Unis à Tirana.

"Le gouvernement a fait preuve de souplesse, mais, au final, pas l'opposition", a regretté l'administration américaine.

"Nous n'allons pas attendre le Parti démocratique (opposition, droite), nous allons présenter le projet au Parlement", avait déclaré Edi Rama à l'issue de l'échec des discussions entre responsables politiques.

"Toute action unilatérale au Parlement sera vouée à l'échec", avait rétorqué le chef de file de l'opposition Lulzim Basha (PD).

Cette réforme judiciaire est jugée par les Occidentaux comme cruciale dans l'engagement de l'Albanie à lutter contre le crime organisé et la corruption.

L'Albanie est officiellement candidate à l'adhésion à l'UE depuis juin 2014, un statut que Tirana avait obtenu après que Bruxelles avait reconnu des progrès en terme de garanties démocratiques.

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