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08/06/2016 07:51 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Le dopage d'Etat dans le sport russe se poursuit (TV allemande)

Le dopage d'Etat se poursuit en Russie malgré les révélations et les sanctions internationales, affirme mercredi une nouvelle enquête de la chaîne allemande ARD, déjà à l'origine du scandale sur le dopage dans l'athlétisme russe.

Dans un documentaire de 35 minutes qui sera diffusé mercredi à 22h45 locales (20h45 GMT) et que l'AFP a pu voir en amont, les journalistes Hajo Seppelt, Florian Riesewieck et Felix Becker montrent que les pouvoirs publics en Russie couvrent des entraîneurs convaincus de pratiques interdites ou interfèrent dans la lutte antidopage, et mettent nommément en cause le ministre russe des Sports, Vitali Moutko.

"La Russie n'a jamais prétendu n'avoir aucun problème avec le dopage mais au cours des 5-6 dernières années, nous avons mené un travail considérable contre le dopage", affirme ce dernier dans cette émission, affirmant que les personnes ayant été mises en cause ont été limogées.

L'ARD démontre le contraire, notamment à propos de l'entraîneur en chef de l'équipe russe de marche à pied, Viktor Chegin, officiellement retiré des affaires et interdit d'activité, mais dont les journalistes allemands ont retrouvé la trace du côté de Sotchi, aux côtés de ses athlètes en plein entraînement, comme par exemple le champion olympique du 50 km marche à Londres Sergey Kirdyapkin et Olga Kaniskina, médaillée d'argent du 20 km marche, tous les deux suspendus pour dopage.

S'appuyant sur des documents de l'ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou, Grigori Rodtchenkov, aujourd'hui établi aux Etats-Unis, l'ARD affirme en outre que Natalia Jelanova, la conseillère pour la lutte antidopage du ministre russe des Sports, interférait "en permanence avec le travail quotidien du laboratoire et de l'agence russe antidopage Rusada".

Enfin, plus saisissant encore, les journalistes présentent un échange de mails entre un laboratoire antidopage russe et le ministère des Sports à propos du contrôle positif en août 2014 d'un footballeur du club de première division russe Krasnodar à l'héxaréline, un produit qui libère l'hormone de croissance dans l'organisme.

Le laboratoire demande au ministère: "doit-on attendre la décision de +VL+ (pour rendre public ce résultat)?" "Exactement", lui est-il répondu. Selon ARD, les initiales VL correspondent dans les échanges habituels du ministère à une abréviation désignant les premières initiales du nom complet du ministre des Sports: Vitali Leontevitch Moutko.

Trois joueurs de Krasnodar évoluent dans l'équipe russe qui disputera l'Euro-2016 en France.

Mercredi, avant même la diffusion du documentaire, le Kremlin a fait savoir qu'il considère comme de la "pure diffamation" les "allégations et accusations non prouvées" à propos du dopage dans le sport russe.

Le 17 juin, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) doit se prononcer sur le devenir de la suspension qui frappe les Russes, avec pour enjeu principal la participation de ses athlètes aux jeux Olympiques de Rio (5-21 août).

elr/ylf/pel