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08/06/2016 16:03 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

Lance Stroll aux portes de la F1

Cela fait maintenant 10 ans qu'aucun pilote canadien n'a pris le départ du Grand Prix du Canada. Ce week-end, un jeune homme de 17 ans sillonnera les paddocks du circuit Gilles-Villeneuve, les yeux et les oreilles grands ouverts en sachant qu'il pourrait mettre fin à cette disette plus tôt que tard.

Un texte d'Olivier Arbour-Masse

Ce jeune homme, c'est Lance Stroll, originaire de Mont-Tremblant et basé à Genève depuis maintenant six ans.

Il est de retour au Québec ce week-end. Pour une deuxième course de suite, il sera dans le garage de Williams pour qui il est pilote de développement depuis cette année après avoir fait partie du programme de développement Ferrari.

« Pour le moment, j'ai tout à apprendre, explique Stroll aux journalistes venus à sa rencontre dans un hôtel de Montréal mercredi.

« Je connais un peu l'environnement de la F1, mais là, avec le casque d'écoute sur les oreilles, j'écoute tous les détails des communications entre les pilotes et les ingénieurs... tout ce qui est important avant de prendre le volant. »

Une saison convaincante

Stroll domine le classement des pilotes de Formule 3 à sa deuxième saison dans ce circuit de développement qui a vu passer certains des grands noms de la F1, dont Sebastian Vettel et la nouvelle coqueluche Max Verstappen. Après 12 courses, Stroll a signé 3 triomphes et est grimpé sur le podium à 6 reprises.

À ses plus récentes compétitions, du 20 au 22 mai en Autriche, il a remporté deux courses et a conclu au 2e rang dans l'autre. « C'était un excellent week-end, probablement le meilleur de ma carrière », se félicite-t-il.

Dynamisé par ces résultats, Stroll ne craint pas d'évoquer son accession au grand cirque de la F1. Il soufflera ses 18 bougies en octobre prochain et aura donc l'âge minimum pour se greffer à l'élite de la discipline.

« Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas prêt à faire le saut en F1 après cette saison, à condition que je termine la saison comme il faut », lance-t-il, rappelant que les contrats des deux pilotes Williams, Valtteri Bottas et Felipe Massa, viennent à échéance au terme de la saison.

Mais Stroll n'est pas pressé. Il veut s'assurer de gravir les échelons à un rythme qui lui convient.

« Tu n'as qu'une chance de réussir chaque étape. Verstappen, par exemple, il s'est bien adapté, mais d'autres peuvent avoir besoin de plus de temps pour passer à l'étape suivante. Sur 20 ou 25 ans de carrière, passer une année de plus en GP2, par exemple, ce n'est pas dramatique. Ça peut te permettre d'avoir du succès sur le long terme. »

L'argent de son père

La fortune de son père, Lawrence Stroll, qui fait partie du top 15 des milliardaires canadiens, l'a aidé à cheminer dans le coûteux monde de la course automobile. Lance le sait. Mais il est également conscient de son talent.

« Heureusement, je peux compter sur mon père. Mais ça, ça ne me donne pas les résultats, ça me donne juste la chance de rouler, de faire des courses. Après, c'est à moi de travailler, de mettre tout mon effort. »

Stroll est calme devant les nombreux journalistes. Il apprécie cette attention, relativement nouvelle. Il ponctue ses réponses analytiques de quelques blagues, démontrant une aisance rare à son âge.

Cette maturité, qui se transpose dans son style de pilotage, témoigne d'un jeune propulsé par un objectif clair, une passion. Ce qui l'attire en course automobile, ce n'est pas la vitesse, mais la complexité de la tâche à accomplir pour réussir.

« J'aime l'aspect compétitif, le travail qu'il faut faire pour être le meilleur. Quand je suis sur le podium en première place, c'est le meilleur sentiment au monde. »

Régner en F3, c'est bien. Mais Stroll ambitionne de trôner au sommet de la F1.

Il rêve d'être le premier Canadien depuis Jacques Villeneuve à être sacré champion du monde. Stroll n'était pourtant pas encore né quand Villeneuve, cheveux décolorés, a remporté le championnat de 1997... au volant d'une Williams.