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08/06/2016 07:36 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

La justice confirme l'interdiction de locations temporaires à Berlin

Le tribunal administratif de Berlin a débouté mercredi quatre propriétaires contestant l'interdiction de location de leur logement via des plateformes comme Airbnb, en vigueur depuis le 1er mai dans la capitale allemande.

La loi berlinoise "est conforme à la Constitution" et ne viole ni la liberté du commerce ni la protection de la propriété privée, deux principes fondamentaux invoqués par les requérants, a décidé le tribunal dans un jugement consulté par l'AFP et susceptible d'appel.

Pour les magistrats, la nouvelle réglementation n'interdit en rien les locations de vacances mais exclut de ce marché les résidences principales, un objectif "justifié" par la difficulté croissante à se loger dans la capitale allemande.

"C'est un jour noir pour Berlin. Nous sommes déçus de cette décision et ne pouvons pour différentes raisons la comprendre", a réagi Wimdu, concurrent d'Airbnb qui soutenait l'un des requérants et promet "de continuer à se battre pour les locations de vacances privées à Berlin".

Depuis le 1er mai, il est en principe interdit à Berlin de louer son appartement via les portails spécialisés, à moins de se limiter à une seule pièce de son logement.

Mais des courriers émanant des autorités berlinoises et reçus par certains propriétaires, que l'AFP a pu consulter, montrent qu'elles attendent une décision fixant la jurisprudence pour commencer à sévir.

Selon la loi, tout contrevenant risque une amende de 100.000 euros. Et pour plus d'efficacité, la ville fait appel au "sens civique" des habitants, invités à se connecter à une page internet de la ville pour dénoncer anonymement tout appartement suspect.

La ville de Berlin, où les prix de l'immobilier ont fortement grimpé ces dernières années, estime que le développement d'Airbnb et d'autres plateformes a conduit à retirer du marché locatif des logements qui sont proposés à la place aux touristes, dopant la hausse des loyers.

Un argument que réfutait l'avocat de Wimdu, Peter Vida, interrogé par le quotidien Berliner Zeitung. Selon lui, l'interdiction "ne peut en rien améliorer la situation du marché immobilier berlinois", car le nombre d'appartements loués sur ces portails est "une goutte d'eau" par rapport au manque de logements dans la capitale.

La métropole allemande est devenue l'une des destinations touristiques phares en Europe mais les hôteliers se plaignent aussi que ces "appartements de vacances" leur occasionnent un manque à gagner conséquent.

Selon un porte-parole du tribunal administratif cité par l'agence allemande Dpa, des dizaines de requêtes ont été déposées depuis le 1er mai par des propriétaires.

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