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08/06/2016 08:46 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:12 EDT

L'Érythrée devrait être envoyée devant la CPI, selon l'ONU

GENÈVE, Suisse — Les violations «systématiques et répandues» des droits de la personne perpétrées en Érythrée devraient être renvoyées devant la Cour pénale internationale en guise de crimes contre l'humanité, a estimé mercredi une commission d'enquête des Nations unies qui dénonce notamment le fait que quelque 400 000 personnes aient été réduites à l'esclavage.

La commission accuse le gouvernement de ce petit pays de la Corne d'Afrique de n'avoir réalisé aucun progrès concernant les pires problèmes documentés pour la première fois l'an dernier.

Les réfugiés érythréens comptent parmi les plus nombreux à essayer de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Europe. Le nouveau rapport dit que 47 025 Érythréens ont demandé l'asile politique en Europe en 2015.

Le président érythréen Isaias Afwerki, qui est au pouvoir depuis 1991, se fait de plus en plus autoritaire, selon plusieurs groupes de défense des droits de la personne.

Le président de la commission onusienne, Mike Smith, a déclaré aux journalistes que la population civile, depuis 1991, est à risque d'esclavage, d'incarcération, de disparitions forcées, de persécution, de viol, de meurtre et d'autres actes inhumains qui forment une vaste campagne de répression.

M. Smith a refusé d'identifier les suspects puisque sa commission avait pour but de faire enquête, et non de porter des accusations.

«Les dirigeants qui se trouvent à la tête de l'État» sont toutefois responsables de crimes contre l'humanité, poursuit le rapport, et la commission a compilé contre plusieurs responsables des preuves «qui seront remises en temps approprié aux institutions pertinentes, y compris les tribunaux».

Le gouvernement érythréen a rapidement accusé la commission de manquer d'impartialité.

La commission de trois membres, à qui on a refusé la permission de se rendre en Érythrée, a dit que plusieurs violations se produisent «derrière le paravent de calme et de normalité qui est présenté aux visiteurs».

Elle souligne entre autres la durée indéterminée et les conditions inhumaines du service militaire.

M. Smith estime qu'entre 300 000 et 400 000 personnes sont réduites à l'esclavage, principalement par le biais de la conscription militaire.

L'Érythrée compte environ six millions d'habitants.